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L'affaire Dubois - 1926


Joseph (dit Jean) Dubois est né 20 septembre 1888 à Blâmont, fils de Charles Joseph Dubois, vannier, et d'Adeline Paulus. Lors de son mariage à Dienville (Aube) le 23 septembre 1918 avec Effler Huguette Joséphine Isabelle (néé à Dienville le 2 janvier 1900), il est greffier de tribunal (domicilié à Vandoeuvre - 54) et maréchal des logis chef au 27ème escadron du train des équipages à Troyes (Croix de guerre).

C'est en 1925, alors que Joseph Dubois est greffier de justice de paix de Provins, que nait l'affaire qui rebondit en 1926 avec la plainte instruite par la parquet pour non restitution de sommes recouvrées. Si elle défraie la chronique dans la presse nationale (dont tous les articles n'ont pas été reproduits ci-dessous pour éviter de fastidieuses répétitions), on ne trouve l'issue de l'affaire que dans les éditions du Briard de décembre 1926.


Le Peuple
14 août 1926

On recherche un ancien greffier accusé d'escroquerie
Sur la plainte d'un ancien boulanger de Provins, M, Peigle, actuellement domicilié à Charleville, le parquet de Provins vient d'ouvrir une instruction pour abus de confiance contre M. Joseph Dubois, âgé de 37 ans, qui fut greffier de la justice de paix, à Provins, et dont le domicile est actuellement inconnu..
Avant son départ du chef-lieu d'arrondissement, M. Peigle avait chargé M. Dubois, alors encore greffier, du recouvrement de nombreuses créances. En dépit de ses démarches réitérées auprès de l'homme d'affaires, le boulanger se heurta par la suite à des atermoiements successifs.
Sur ces entrefaites, à la suite d'une; plainte du syndicat de la région, dont il était le représentant et au préjudice duquel il avait commis des escroqueries importantes, le greffier fut contraint de céder sa charge. Il quitta la ville et M. Peigle, de qui émane l'information actuelle, n'en reçut plus de nouvelles.
Dubois fait d'ailleurs actuellement l'objet de recherches de la police. Il a été condamné par défaut, dernièrement, à Langres, à deux mois de prison pour abandon de famille.


Le Petit Parisien
14 août 1926

Le greffier de justice de paix n'était pas très délicat
Provins, 13 août (dép. Petite Parisien.) En avril 1925 disparaissait subitement le greffier de la justice de paix de Provins, nommé Joseph Dubois. Le personnage avait dû résigner ses fonctions à la suite d'une plainte portée par le bureau de la coopérative des maréchaux ferrants, dont Dubois avait la gérance. Or on avait constaté des irrégularités dans la comptabilité.
Une nouvelle plainte vient de parvenir au parquet émanant cette fois de M Peigle, ancien boulanger à Provins, aujourd'hui établi à Charleville. Avant son départ de Provins, M. Peigle avait confié au greffier le recouvrement des sommes dues par sa clientèle et qui s'élevaient à plusieurs milliers de francs.
Dubois a bien procédé au recouvrement des créances, mais il a gardé l'argent.
Le parquet est en possession des reçus délivrés par Dubois et qui établissent sa culpabilité. On croit que l'information en cours provoquera de nouvelles plaintes en abus de confiance.
On ignore où se trouve actuellement Dubois qui, le 4 janvier dernier, a été condamné par défaut à deux mois de prison par le tribunal correctionnel de Langres pour abandon de famille.


Le Matin
14 août 1926

PROVINS. Le parquet a ouvert une information contre un ex-greffier de justice de paix de cette ville, Joseph Dubois, 37 ans, parti en avril 1925 pour une destination inconnue, et contre lequel de nombreuses plaintes pour abus de confiance ont été déposées.


L'Humanité
14 août 1926

UN GREFFIER ESCROC PREND LA FUITE
M Joseph Dubois était greffier de la justice de paix à Provins. Profitant de sa charge, il commit nombre d'escroqueries dans sa région. Le syndicat des boulangers, en particulier, a fort à se plaindre de lui. Voyant que les choses commençaient à se gâter, le greffier céda sa charge, quitta la ville sans tambour ni trompette, abandonnant même sa famille. On le recherche.


L'Avenir
14 août 1926

Un fonctionnaire indélicat
Les plaintes affluent contre un greffier de province Sur la plainte d'un ancien boulanger de Provins, M. Peigle, actuellement domicilié à Charleville, le parquet de Provins vient d'ouvrir une instruction, pour abus de confiance, contre M. Joseph Dubois, âgé de 37 ans, qui fut greffier de la justice de paix, à Provins, et dont le domicile est actuellement inconnu.
Avant son départ du chef-lieu d'arrondissement, M. Peigle avait chargé M. Dubois, alors encore greffier, du recouvrement. de nombreuses créances. En dépit de ses démarches réitérées auprès de l'homme d'affaires, le boulanger se heurta par la suite à des atermoiements successifs.
Sur ces entrefaites, à la suite d'une plainte du syndicat de la région, dont il était le représentant et au préjudice duquel avait commis des escroqueries importantes, plainte qui fut à demi étouffée, en raison de circonstances diverses - le greffier fut contraint de celer sa charge. Il quitta la ville, et M. Peigle, de qui émane information actuelle, n'en reçut plus de nouvelles.
L'audition d'un grand nombre de témoins a confiné déjà les malversations de Dubois, qui se serait approprié plusieurs milliers de francs au détriment, du boulanger.
Dubois fait d'ailleurs actuellement l'objet de recherches de la police. Il a été condamné par défaut, dernièrement, à Langres, à deux mois de prison pour abandon de famille.
Il est probable que de nouvelles plaintes vont suivre à présent, car l'ancien greffier a, paraît-il, commis de nombreuses escroqueries au préjudice des habitants de la région.


Excelsior
14 août 1926

Les détournements d'un greffier de justice de paix
PROVINS, 13 août. - Au mois d'avril de l'année dernière, le nommé Joseph Dubois., dit Jean Dubois, trente-sept ans, greffier de la justice de paix de Provins, quittait la ville après avoir été appelé à résigner ses fonctions à la suite de la plainte du bureau de la coopérative des maréchaux ferrants, signalant des irrégularités dans la comptabilité de cette coopérative, dont Dubois cumulait la gérance avec ses fonctions de greffier.
Une nouvelle plainte vient d'être adressée au parquet de Provins, émanant cette fois de M. Pe:gle, ancien boulanger à Provins, établi aujourd'hui à Charleville.
Avant son départ de Provins, M. Peigle avait chargé le greffier de paix du recouvrement des sommes dues par sa clientèle, et qui s'élevaient à plusieurs milliers de francs.
Dubois a procédé au recouvrement des créances, mais il a gardé l'argent.
Le parquet est en possession des reçus délivrés par Dubois et qui établissent sa culpabilité.
On croit que l'information en cours provoquera de nouvelles plaintes en abus de confiance.
On ignore où se trouve actuellement Dubois qui, le 4 janvier dernier, a été condamné par défaut à deux mois de prison Langres par le tribunal correctionnel de Langres pour abandon de famille.


La France de Bordeaux et du Sud-Ouest
15 août 1926

Le greffier indélicat
Il détournait les recouvrements qui lui étaient confiés
Provins, 14 août. - En août 1925, le greffier de la justice de paix de Provins, Joseph Dubois, disparaissait subitement. Il avait dû résigner ses fonctions à la suite d'une plainte portée par le bureau de la Coopérative des maréchaux ferrants dont il avait la gérance et ce à la suite d'irrégularités dans sa comptabilité.
Une nouvelle plainte vient de parvenir au parquet, émanant, cette fois, de M. Peigle, ancien boulanger à Provins, aujourd'hui établi à Charleville. M. Peigle avait confié au greffier le recouvrement des sommes dues par sa clientèle et qui s'élevaient à plusieurs milliers de francs. Dubois a bien procédé au recouvrement des créances mais il a gardé l'argent. Le parquet est en possession des reçus délivrés par Dubois.
Ajoutons que le 4 janvier dernier, il a été condamne par défaut, à deux mois de prison par le tribunal correctionnel de Langres pour abandon de famille.
On ignore où il s'est réfugié.


Le Briard
19 août 1926

L'Affaire Dubois
Il y a officiellement aujourd'hui, une affaire Dubois.
A la vérité, il y a longtemps que l'on en causait, sous le manteau de la cheminée, mais, jusqu'alors, tout s'était passé dans la coulisse judiciaire. Un fait nouveau vient de déclencher les indiscrétions de la presse.
Joseph Dubois, alias Jean Dubois, âgé de 37 ans. est l'ancien greffier de la justice de paix de Provins. Il cumulait ces fonctions avec la gérance de la Coopérative des maréchaux-ferrants, dont le siège était établi à son domicile. rue Edmond-Nocard.
L'an dernier, les dirigeants de la Coopérative déposèrent une plainte contre Dubois, à la suite d'irrégularités constatées dans sa comptabilité.
L'affaire se régla à l'amiable : Dubois fut appelé à démissionner de ses fonctions de greffier, et il quitta Provins. L'affaire Dubois semblait donc enterrée, lorsque vient de surgir une nouvelle plainte, celle de M. Peigle qui, de mars 1920 à février 1922, exploita la boulangerie de la place de l'Hôtel de Ville.
A son départ de Provins, qu'il quittait pour aller exploiter une autre boulangerie à Charleville. M. Peigle donna mission à Dubois, de procéder au recouvrement des sommes restées dues par un certain nombre de clients de la boulangerie, de Provins et des environs, et dont le total se montait à 2 ou 3.000 francs avec autorisation donnée à Dubois d'opérer des saisies-arrêts sur les gages des débiteurs.
Depuis, M. Peigle, n'ayant pas de nouvelles de ses créances, écrivit à Dubois, qui lui fit une réponse dilatoire. En octobre 1924, étant de passage à Provins, M. Peigle alla rendre visite à Dubois. Celui-ci lui expliqua que, pour entrer en possession de son argent, il devait faire choix d'un avoué pour le représenter. M. Peigle se conforma à cet avis, et attendit.
Sans nouvelles depuis cette époque, il écrivit à nouveau. La lettre parvint au nouveau greffier, M. Lochet, qui lui répondit que Dubois avait quitté Provins depuis avril 1925 et qu'il n'était nullement au courant de cette affaire.
M. Peigle, suffisamment édifié, déposa une plainte contre Dubois, pour abus de confiance, entre les mains de M. Delrieu, procureur de la République, qui vient d'ouvrir une instruction. Dores et déjà, le parquet est en possession d'un grand nombre de reçus délivrés par Dubois aux débiteurs de M. Peigle, dont quelques-uns venaient s'acquitter par petites sommes. On croit que d'autres plaintes vont s'ajouter à celle de M. Peigle. Quoi qu'il en soit, on ignore actuellement le lieu de la résidence de Dubois, puisque c'est par défaut que celui-ci a été condamné le 4 janvier dernier, à deux mois de prison, par le tribunal correctionnel de Langres, pour abandon de famille.
Nous tiendrons nos lecteurs au courant de cette affaire, appelée à faire quelque bruit dans Landerneau.


L'informateur de Melun
20 août 1926

La République des Camarades
Le greffier-escroc de Provins était trésorier du Comté Radical-Socialiste
L'Informateur, dans son dernier numéro, a annoncé qu'une instruction était ouverte contre M. Joseph Dubois, 37 ans, ancien greffier de la Justice de paix de Provins, en fuite, recherché pour de nombreuses et importantes escroqueries et condamné, dernièrement, à 2 mois de prison pour abandon de famille. Dubois, en outre de ses fonctions de greffier et de celles de directeur de la coopérative des maréchaux de Provins, était l'un des membres les plus en vue du Cartel des gauches et trésorier du comité radical socialiste de l'arrondissement de Provins. On l'a vu, en 1924, aux dernières élections législatives, dans tous les coins du département de Seine-et- Marne, transportant en automobile les candidats du Bloc des gauches et leurs familles. Il se vantait d'ailleurs de ses nombreuses relations avec des parlementaires et des ministres et confiait, à qui voulait l'entendre, qu'il était ou allait être nommé à un poste plus ou moins élevé, soit comme conférencier du gouvernement ou conseiller de préfecture des Landes. Il est à la veille, aujourd'hui, d'être simplement pensionnaire de la maison d'arrêt de Provins. Le préjudice causé par l'ex-greffier à la Coopérative des maréchaux s'élève à environ 200.000 francs, somme qu'il a gaspillée avec la large vie qu'il menait, les noces, etc... La plainte déposée par cette coopérative a été suivie d'un non-lieu. Il serait intéressant de savoir si ce non-lieu a été rendu sous l'influence des relations politiques de l'escroc Dubois ?


Le Briard
13 décembre 1926

L'AFFAIRE DUBOIS
Dans notre précédent numéro, nous avons relaté l'arrestation à Vénissieux (Rhône), de l'ex-greffier de paix Dubois.
Titulaire de deux condamnations dont la dernière à un an de prison prononcée récemment par le tribunal départemental de Melun, pour détournements commis au préjudice de M. Peigle, ancien boulanger à Provins, Dubois était recherché depuis quelques mois en vertu d'un mandat du juge d'instruction de Provins, en date du 25 août 1926.
On était sans nouvelles de Dubois, depuis son départ, de Provins, et les recherches étaient demeurées sans résultats. Pour qui connaissait l'ancien greffier de paix de Provins, ces résultats négatifs ne devaient pas surprendre, car on le savait assez habile pour pouvoir dépister la police pendant un certain temps.
Le commissaire de police de Provins, M. Louvot, ne se rebuta pas devant la difficulté, et grâce a sa patiente perspicacité, Dubois devait enfin tomber entre les mains de la justice.
Inscrit au Bulletin de Police criminelle, sous, le numéro 90.09., le nom de Dubois figure dans un nouveau fascicule, en date du 22 novembre et sous le numéro 995, avec cette fois sa photographie à l'appui. Cette photographie avait été obtenue au moyen d'une vue d'ensemble du banquet qui avait eu lieu à Troyes en 1925, à l'occasion du congrès des patrons maréchaux, et dont M. Louvot avait pu se procurer un exemplaire.
Lorsque, au milieu des centaines convives, Dubois se pencha en dehors de sa chaise pour mieux se dégager devant l'objectif, il devait être loin de penser à l'emploi que l'on ferait de la pellicule du photographe.
Journellement, le commissaire de police de Provins, était tenu au courant des recherches.
La police mobile et le service du contrôle général prirent des renseignements dans les établissements avoisinant la gare de l'Est, à Paris, mais sans succès. En octobre, on releva le passage de Dubois au café de la Chope de l'Est, mais il n'y revint pas par la suite.
En fin de compte, ce fut à Provins même que M. Louvot poursuivit ses investigations qui devaient être couronnées de succès. Ce magistrat acquit la certitude qu'une personne de la ville était restée en relations avec Dubois, mais que cette, personne refusait de livrer le secret auquel elle s'était engagée. C'était là néanmoins, un renseignement précieux qui pouvait servir à l'occasion. M. Louvot apprit aussi que Dubois avait une malle d'osier en dépôt au Griffon et dès lors, si l'on peut ainsi dire, il ne perdit pas de vue cet accessoire de voyage.
Le lundi 29 novembre ayant constaté que la malle était partie, il exerça une active surveillance dans les gares de Longueville et de Provins, mais sans succès.
Dans la matinée du samedi 4 décembre, étant de service à la gare de Provins, M. Louvot retrouva parmi les colis au départ, la fameuse malle portant l'adresse suivante : M. Elie Nathan fils, rue Victor-Hugo, à Venissieux (Rhône).
A n'en pas douter, Elie Nathan n'était autre que Dubois, ou le nom d'une personne chargée par lui de retirer le colis.
Immédiatement, M. Louvot prévint, les gendarmes de brigade de Villeurbanne, dont dépend la gare de Vénissieux, en leur envoyant une photographie de Dubois. De sorte que c'est en toute assurance que les gendarmes l'appréhendèrent, lorsqu'il se présenta à cette gare pour réclamer sa malle.
On croit que Dubois se préparait à passer en Suisse. Il était né à Blamont (Meurthe-et-Moselle), en 1888.


Le Briard
24 décembre 1926

Au tribunal de Melun
Audience du 22 décembre 1926 [...]
L'AFFAIRE DUBOIS
Dubois Joseph, 38 ans, détenu, ancien greffier du tribunal de justice de paix de Provins, fait opposition à un jugement du Tribunal correctionnel de Melun, qui l'a condamné le 1er décembre dernier à une année d'emprisonnement.
Le Président rappelle les faits reprochés à Dubois : pendant les années 1924, 25 et 26, il avait été chargé par M. Peigle, boulanger à Provins, place du Val, d'encaisser des factures, dont il a gardé le montant s'élevant de 1200 à 1500 francs.
Dubois céda sa charge et se garda bien de donner son adresse. M. Peigle porta plainte et Dubois fut arrêté.
L'inculpé reconnaît en partie les faits.
Le substitut, dans un brillant réquisitoire demande une condamnation exemplaire contre Dubois qui a failli à son devoir comme auxiliaire de la Justice. Il est pénible, dit-il, de voir un ancien greffier de justice de paix assis sur les bancs de la police correctionnelle. Le tribunal réduit la peine à 3 mois de prison et au quart des restitutions.

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