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Ecrasé par un train. - On
écrit de Blâmont à l’Express : « Le nommé X..., âgé d’environ 60
ans, originaire de Reillon et pensionnaire à l’hospice de
Blâmont, a tenté d’en finir avec la vie dont il semblait las, en
se jetant résolûment sur la voie du chemin de fer de Cirey au
moment du passage du train, à quelques centaines de mètres de la
gare de Blâmont, près de la ferme appartenant à M. du Champ, au
château de Blâmont. »
X... a eu le bras et la jambe brisés ; il a été aussitôt
transporté à l’hospice. Ce pauvre malheureux ne jouissait pas de
toutes ses facultés mentales.
INCIDENT A LA FRONTIÈRE
DOUANIER ET BRACONNIER
(DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER)
Lunéville, 16 octobre,
Un braconnier du canton de Blâmont chassait hier sur le
territoire allemand, lorsqu’il fut surpris par un douanier
allemand. Des coups de fusil furent échangés des deux parts,
mais personne ne fut blessé.
Le parquet de Lunéville a fait arrêter le braconnier, et
l’incident n’aura aucune suite.
D. Hulot.
Kirchberg am Wald. Wie man
dem „Lorrain" meldet, hatte ein gewisser Joseph Bathelot von da
dieser Tage Kirchberg verlassen, um sich Geschäfte halber nah
Blamont (Frankreich) zu begeben. Als er am Samstag Morgen noch
nicht nah Hause zurückgekehrt war, schickte die Frau ihre
Tochter nah Heming, um sich nach dem Vater zu erfundigen.
Bei Barchingen, auf dem Futzpfade nach Heming fand das Mädchen
den Vater in einem kleinen Bache als Leiche. Man vermuthet, daß
ber Unglückliche in der Trunkenheit in den Bach gefallen ist.
Nous avons dit dans le
Bulletin de septembre dernier que les machines étaient exemptes
de tout taxe à l'entrée en Allemagne.
Or, il parait que cette information, exacte en 1894, ne l'est
plus en 1895.
Un unioniste qui vient de faire un voyage en Allemagne, M. Adam,
de Paris, nous signale qu'en sortant de France pour entrer en
Alsace par le bureau de Blamont, il a eu à verser une somme de 3
marks 10 (4 francs environ) pour une machine de 15 kilos environ
; et n'étant pas rentré en France par le même bureau. il a dû
renoncer au remboursement.
Voilà donc les cyclistes avertis; nous les engageons à tenir
compte de cet avis, car en passant sans s'arrêter devant les
bureau de douane allemands, ils risqueraient de recevoir un coup
de fusil ou de se voir arrêter par la gendarmerie prévenue
téléphoniquement.
UN INCIDENT EXAGÉRÉ
Nancy, 23 septembre.
La nouvelle racontée par plusieurs journaux d’une violation de
frontière aux dernières manœuvres a jeté une profonde émotion à
Nancy. Seule l’autorité militaire savait à quoi s’en tenir à ce
sujet, bien qu’elle n’ait appris que tardivement le fait.
Voici en quoi il se résume :
Le samedi 15 septembre, une vingtaine de soldats, appartenant
aux 1re et et 3e compagnies du 37°, cantonnées à Blamont, et des
7e et 8e cantonnées à Repaix, passant à travers les mailles des
postes de soldats, de gendarmes et de douaniers, gagnaient
isolément et sans armes la frontière du côté de Foulcrey.
Les douaniers français en refoulèrent une dizaine, les autres
réussirent à gagner une éminence située à 200 mètres de la
frontière d’où ils espéraient découvrir une partie de
l‘Alsace-Lorraine.
Ils n’y restèrent que peu d’instants du reste et revinrent en
France après s'être procuré quelques paquets de tabac étranger.
Les douaniers signalèrent le fait à l’administration
préfectorale qui ouvrit immédiatement une enquête.
De cette enquête, il résulte qu'il est absolument inexact que
des inscriptions injurieuses aient été tracées sur les
poteaux-frontières. Il est encore plus inexact que des ordures
aient été apposées sur ces poteaux.
Le fait revêt donc un simple caractère de gaminerie. Du reste,
quelques jours auparavant, un incident de cette nature s’était
produit parmi les soldats du 132e régiment allemand qui vinrent
de Niederhoff à Bertrambois.
La libération de la classe n’a pas été ajournée, ainsi que
certains l’ont dit, car les coupables se déclarèrent dès qu’ils
apprirent que les 7e et 8e compagnies étaient consignées. Une
quinzaine d’entre eux viennent d’être punis de huit jours de
prison, deux ou trois autres de quinze jours.
L’ambassade d'Allemagne n'a eu à intervenir à aucun moment et
l’autorité militaire n’a agi que d’après les rapports qui lui
ont été fournis par l’administration française. Voilà les faits
dans toute leur exactitude.
Von der Grenze. Als ein
interessanter Moment aus den diesjährigen Divisionsmanövern, die
sich längs ber Grenze abspielen, läßt sich hervorheben, daß
vergangenen Samstag gegen 9 Uhr vormittags die französischen und
deutschen Truppenabteilungen sich auf eine Entfernung von nur 4
Kilometern einander näherten. Das französische Militär,
Artillerie aus Luneville, stand bei Blamont, während die
deutschen Truppen vom Artillerieregiment Nr. 51 aus Straßburg
bei St. Georges Aufstellung genommen hatten. Beiderseits nahmen
die höheren Offiziere Veranlassung, sich gegenseitig durch die
Feldstecher zu beobachten. Um die elfte Vormittagsstunde rückten
alsdann die beiden Batterien des Straßburger Regiments wieder in
ihr Quartier in Heming ein.
SARREBOURG. - Déserteur. - Un
fantassin du 97me d’infanterie, en garnison à Sarrebourg, s’est
présenté la nuit au poste de gendarmerie de Blâmont, demandant à
contracter un engagement à la légion étrangère. C’est un nommé
Lemper, âgé de 21 ans, et natif de la Prusse rhénane. Il a
déclaré avoir déserté pour cause de mauvais traitements.
Un chasseur. M. Isidore
Petit, cafetier à Verdenal (Meurthe-et-Moselle), a tué
accidentellement, près de Blamont, un autre chasseur, M. Emile
Chatton, rentier, âgé de 62 ans, habitant également Verdenal.
Lunéville, 4 février.
Deux uhlans de Sarrebourg sont arrivés hier soir à Blamont, près
de Lunéville, à cheval, en tenue et avec leurs armes. Ils ont
déclaré avoir déserté à la suite des mauvais traitements endurés
à Sarrebourg et vouloir contracter un engagement à la Légion
étrangère. Ils ont été dirigés sur Lunéville où leur arrivée
faisant suite à l'atterrissage des aviateurs allemands n’a pas
été sans causer une certaine émotion.
EN LORRAINE
Comment furent pris les Equipages de la Landwehr bavaroise
Paris, 25 septembre.
Le 20 au matin, la division française campée sur la Vezouse,
après une marche de nuit de flanc le long du canal de la Marne
au Rhin, avait réussi à réoccuper Avricourt. La position des
Allemands, battue par le fort de Manonviller, menacée au nord
par la marche de nos troupes était devenue intenable. Après un
violent duel d’artillerie, l’ennemi évacuait la ville frontière,
se retirant en pays annexé, dans la direction de Richecourt.
Dans la journée du 21, tandis que nos troupes fortifiaient la
position conquise, barricadant les rues du village et garnissant
d’artillerie les collines du Sanon, nos aéroplanes signalaient
un retour offensif des Allemands, à 15 kilomètres au sud, sur le
sentier de Richecourt à Blâmont. Ainsi donc, l’ennemi n’avait
repassé la frontière à Avricourt que pour rentrer chez nous
quelques heures plus tard, vers Richecourt. Par la ligne
Richecourt-Blamont, impraticable à l’artillerie, les Allemands
ne pouvaient acheminer que de l’infanterie sans la faire
soutenir par le moindre canon. Il y avait certainement là une
feinte d’attaque plutôt qu’une attaque réelle. Néanmoins,
plusieurs colonnes ennemies franchissaient les crêtes, se
dirigeant vers la ligne de la Vezouse, privée de la division qui
l’occupait la veille, et l’avait quittée pour réoccuper
Avricourt. Il semblait même que les Allemands, loin de
dissimuler leur mouvement, avaient à cœur de signaler leur
présence, car les colonnes suivaient bien ostensiblement les
crêtes au lieu de se dissimuler dans les vallées. Ces mouvements
étranges durèrent toute la journée du 21.
Notre état-major ne pouvait être dupe. L’ennemi cherchait à tout
prix à attirer notre attention dans la direction de la Vezouse.
Mais dans le but de tenter quelle opération dans la région d’Avricourt
? En vain nos aviateurs avaient survolé la vallée du Sanon, ni
là ni sur la rive parallèle du canal, nos aéros n’avaient
découvert rien d’insolite. On décida alors d’envoyer un peloton
de cavalerie explorer la forêt du Paroy, inaccessible par son
feuillage à l’œil de nos observateurs.
Cependant, au sud, l’infanterie allemande avançait toujours,
réoccupant sans peine, Blamont d’abord, Domèvre ensuite, laissés
vides de troupes, par notre avance sur Avricourt. D’Avricourt,
nos canons avaient bien tenté de saluer l’entrée de l’ennemi
dans la vallée de la Vezouse, mais sans grand succès, vu la
grosse distance. Restant donc dans une expectative prudente,
notre état-major, tout en faisant surveiller par quelques
pelotons de dragons les colonnes allemandes, décida de laisser
avancer l’ennemi, sûrs, que nous étions, à l’heure voulue, de
repousser aisément une division de fantassins que n’appuyait
aucune artillerie et dont la cavalerie était insuffisante. Il y
avait, sans nul doute, dans cette marche des Allemands au sud,
une feinte pour nous obliger à dégarnir les abords d’Avricourt.
Notre état-major ne tarda pas à avoir l’explication de cette
tactique. Ce que n’avaient pu voir nos reconnaissances d’avions,
notre raid de cavalerie venait de l'accomplir. Une estafette
accourait, en effet, au soir du 21, annoncer au quartier d’Avricourt
que nos cavaliers avaient, découvert, caché dans la forêt de
Paray, un train d’équipage ennemi considérable. L'estafette, vu
le nombre important de troupes ennemies accompagnant les
convois, demandait à toute vitesse du renfort pour l’attaque
prochaine.
Nous avions là l'explication de la feinte allemande vers le sud,
feinte qui ne tendait à rien moins qu’à, nous attirer sur la
Vezouse, afin que, au nord d’Avricourt, les équipages ennemis
attardés pussent, durant la nuit, repasser sans encombre la
frontière.
Notre état-major donna rapidement ses ordres. Dès l’aube, la
forêt de Parnay était cernée par un régiment de chasseurs
d’Afrique. Sur la ligne de Manonvillier-Avricourt, quatre
batteries battaient la route. Les équipages ennemis étaient
pris. Un bref combat sous bois eut raison de leur résistance. A
onze heures du matin l’ennemi se rendait.
La prise était d’importance. Tout le train de la Landwehr
bavaroise tomba entre nos mains, avec son personnel,
conducteurs, boulangers, infirmiers. Un bataillon entier du IVe
corps complétait la prise. De plus, nous capturions vingt autos
de ravitaillement, y compris deux autos des postes appartenant
aux IXe et XVIe corps allemands. Parmi les traînards faits
prisonniers dans la même affaire, se trouvaient des soldats des
VIIe XIIIe et XIVe corps. Ce mélange hétéroclite de troupes
était la preuve du désarroi dans lequel la bataille de la Marne
avait jeté nos ennemis, et du désordre de sa retraite vers la
Meuse et l’Argonne.
Les «Déracinés»
Dans un magnifique tableau que l’on peut contempler à Paris, en
l’une des salles du Luxembourg, un admirable artiste a illustré
la pensée de notre grand Victor Hugo en montrant
Vêtus de peaux de bêtes
les victimes d’une invasion des âges primitifs, se pressant,
s’enfuyant, tristes, lamentables, sous la menace de
l'envahisseur.
Combien de fois, depuis le début de cette guerre, ce tableau,
d’une note si poignante, n’a-t-il pas évoqué les misères de ceux
que, chaque jour, la chronique des journaux désigne sous la
rubrique de « réfugiés » ou « d’évacués » ? Seuls les moyens de
l'exode ont changé, le chemin de fer a remplacé l’antique char à
bœufs, mais la détresse des âmes n'est-elle pas la même à tous
les âges, lorsque poussés par le barbare qui veut s’installer au
foyer, il s’agit de quitter le toit si cher, où les ancêtres ont
écoulé leur existence.
Ce sont là pensées qui s’imposaient à nous, mardi, à six heures
du matin, lorsque, sous le hall de la gare des Brotteaux, nous
attendions l’arrivée d’un train amenant dans le département du
Rhône 258 réfugiés.
La matinée était radieuse. Le soleil parsemait sur toutes choses
sa poudre resplendissante et, comme par une cruelle ironie, ce
fut dans une apothéose de lumière dorée que le sombre convoi de
« déracinés » s’engouffra sous la véranda.
- Je me demande qu’elle va en être la composition ? avions-nous
entendu dire, un instant plus tôt à M. Lamy-Boisroziers,
l'intelligent et actif secrétaire général de la préfecture du
Rhône, qui arpentait le quai de la gare.
La composition ! Elle varie, en effet, sensiblement, celle des
différents convois qui passent dans nos gares ! Ces anciens
prisonniers des Allemands sont restés, les uns internés depuis
six ou huit mois dans des camps de concentration, et présentent
l’aspect misérable de gens dont les vêtements se sont peu à peu
élimés ; d’autres, qui ont été laissés dans leur ville ou dans
leur village jusqu’à ce jour, ont l’attitude gauche de personnes
contraintes à effectuer malgré elles un long et pénible voyage.
Les premiers portent sur leur corps tout leur linge, combien
usé, hélas ! depuis le temps ! Ceux-ci, au contraire, très
propres, possèdent valises ou paquets dans lesquels sont
enserrées les précieuses hardes.
Quelle différence aussi entre ces derniers convois et ceux
composés de certaine population de grandes villes, où se
distinguent de nombreuses femmes, qui, la cigarette aux lèvres,
affichent cavalièrement, au milieu de la tristesse ambiante,
leur allure de filles de joie.
Il y a donc convois et convois.
A l'ouverture des portières, nous pouvons bientôt nous rendre
compte que nous sommes en présence de la catégorie la moins
misérable : Des sourires, un peu tristes, sans doute, mais non
point- douloureux, éclairent la plupart des visages, et de
joyeux petits drapeaux français sont agités par des mains
d’enfants. Le train arrêté, des dames, des demoiselles de la
Croix-Rouge se précipitent aux portières, les mains chargées
successivement de victuailles, de vêtements et de linge.
« La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne », dit le
proverbe ! Combien le proverbe est vrai ! Offriraient-elles du
pain K sec, avec leur grâce et leur sourire charmant, ces dames
feraient naître la douce reconnaissance dans le cœur des
voyageurs ! Et comme elles présentent du bon pain blanc français
fort bien accompagné, on devine quels remerciements sincères
leur sont adressés.
Les distributions terminées, les voyageurs descendent de vagon,
et nous pouvons converser avec quelques-uns d’entre eux. Ainsi,
nous apprenons qu’ils sont tous des habitants de Blamont et de
Cirey, en Meurthe-et-Moselle, deux localités plusieurs fois
citées dans les communiqués au début de la guerre. Samedi, ils
sont partis de leur domicile et mis en route par la Suisse, où
partout, nous disent-ils, ils, ont été salués d’ovations
chaleureuses.
Pendant huit mois, ils ont subi l'occupation allemande ! Pendant
huit mois ils ont tout ignoré de la France. Huit mois ! Qu’ils
ont donc tous le cœur gonflé de haine contre la horde qui les
tyrannisait ! Ah ! il n’est nul besoin de les presser de
questions. Les uns et les autres parlent, parlent d‘abondance
des brutes près desquelles ils vécurent pendant ce temps. La
sauvagerie des Teutons ? Mais il n’est qu’à interroger le
premier enfant venu. Il vous citera vingt exemples :
- Voyez cette dame en deuil, nous dit un interlocuteur. Ils ont
fusillé son mari !
Dans un autre groupe, nous entendons M. Harquet, qui fut chef de
gare à Blamont pendant seize ans, qui nous fait le récit de ses
démêlés avec l’autorité militaire allemande depuis l’invasion :
- Un jour, nous dit-il, le revolver au poing, ils m’ont amené
devant leur général. Je croyais bien mon dernier moment arrivé
lorsqu'un de leurs officiers m'appuya son revolver contre le
front. J'ai échappé, mais j’en suis étonné, car j’étais pour eux
un suspect.
Nous poursuivons nos entretiens et nous rencontrons un vieillard
qui nous tend un papier :
- Tenez, nous dit-il, voilà ce qu'ils nous ont fait distribuer
avant de partir. Comme ils ne pouvaient plus nous fournir les
125 grammes quotidiens de pain K, qu’ils nous vendaient très
cher, ils se sont tirés d’affaire avec ces déclarations.
Et nous lisons :
AVIS. - A plusieurs reprises, le gouvernement allemande demandé
au gouvernement français de fournir, par la voie des pays
neutres, les aliments nécessaires aux habitants des localités
situées dans la région occupée par les troupes allemandes. Le
gouvernement français ayant opposé un refus formel à toutes ces
demandes, le gouvernement allemand se voit, malgré lui, obligé
de renvoyer en France une partie de cette population, en
première ligne ceux qui ne sont pas en état de pourvoir à la
longue à leurs propres besoins. Pour beaucoup de ces malheureux,
qui seront ainsi forcés de quitter leur foyer, la mesure est
très dure, mais toute ta responsabilité en retombe sur un
gouvernement qui n'a pas voulu prendre soin de ses propres
sujets.
Le morceau est d’une belle tartuferie !
Mais le train va bientôt partir. M. le commissaire Helly, avec
tact, sans brusquerie, procède au classement des réfugiés pour
leur répartition dans les différentes communes.
Pendant ce temps nous assistons à des effusions touchantes d’une
famille qui vient de se retrouver : Le mari, soldat depuis la
mobilisation, blessé, et en traitement à Lyon, n’avait pas eu
des nouvelles de sa femme et de ses deux fillettes depuis son
départ, pas plus qu’elles, de leur côté, n’en avaient eu du chef
de famille. A Genève, par hasard, la femme avait connu l’adresse
du mari à Lyon, et lui avait fait télégraphier, d’où la
rencontre au passage du convoi. On juge de la joie éprouvée à se
retrouver ainsi, après neuf mois de séparation et d’angoisse
!...
Mais l’intérêt qu’a éveillé en nous le sort de tous ces braves
gens est trop vif pour que nous les laissions s’éloigner ainsi :
Nous tenons à les accompagner jusqu’à la destination qui leur
est fixée.
A Anse, s’arrête le premier détachement. Sur le quai, près de M.
le maire, se trouve déjà M. Lamy-Boisroziers. La sollicitude de
ce haut fonctionnaire pour ces nouveaux administrés du
département ne s’est pas bornée à l’attente des rapports qui lui
eussent été fournis. Il a voulu se rendre compte par lui-même de
l’accueil qui était réservé aux malheureux réfugiés.
Hâtons-nous de dire que partout il eut lieu de se déclarer
satisfait, car partout, que ce soit à Anse, à Villefranche, à
Saint-Georges-de-Reneins, à Belleville, etc., il constata, comme
nous, l’empressement le plus admirable chez les autorités
municipales, et l’esprit le plus cordial parmi la population.
Ce sont de bons Français qui accomplissent leur devoir
patriotique en recevant à cœur ouvert des membres de la grande
famille française victimes de la guerre.
Accident à un enfant. - Le
petit Georges Bijeard, 8 ans, réfugié de Blamont
(Meurthe-et-Moselle), dont le père est mobilisé, a été renversé,
hier matin, vers onze heures et demie, sur la route d’Heyrieux,
en face du chemin des Quatre-Maisons, par une automobile.
L’enfant a été transporté et pansé au cabinet du docteur Garde.
Son état n’est pas alarmant. La victime a été conduite au
domicile maternel par l’auteur involontaire de l’accident.
M. Florent Schmitt est nommé
Directeur du Conservatoire de Lyon
Parmi les maîtres de la musique contemporaine française, M.
Florent Schmitt se révèle comme la figure à la fois la plus
sympathique et la plus originale. Il remplace, aujourd’hui M.
Augustin Savard dans les fonctions de directeur du Conservatoire
de Lyon. C’est là une nouvelle qui va combler d’aise, non
seulement les amateurs de musique, mais encore les curieux d’art
de toutes sortes.
M. Florent Schmitt est né à Blamont, en Lorraine. Nous avons
déjà parlé de son séjour au Conservatoire de Paris, où il fut
élève de Gédalge et de Gabriel Fauré. Cette époque, qui est
celle de la formation, ne s’illustra d’aucune particularité
saillante. Mais les premiers envois qu’il fit de Rome, par
contre, révélèrent une personnalité puissante et une maîtrise
bien faite pour surprendre chez un jeune musicien. On sait que
M. Florent Schmitt écrivit une partie de son célèbre quintette
lorsqu’il était pensionnaire de la villa Médicis.
Dans un fort bel article publié par le Monde Musical, M. Albert
Roussel étudie particulièrement cette période vécue à l’école de
Rome et de laquelle il est déjà possible de dégager les
principales caractéristiques de son art, ses tendances Examinant
les influences qui ont alors pesé sur sa personnalité, M Roussel
le croit imbu des grands classiques allemands et sensible à la
musique de chambre de César Franck. Il en donne pour preuve te
premier mouvement du Quintette, qui pense-t-il, demeure
significatif de la premier, manière de M. Florent Schmitt. «
Puissance et sensualité se révèlent déjà dans cette musique.
Rien de cette mièvrerie, ni de ces raffinements excessifs qu’on
a pu reprocher parfois a notre école moderne. S’il a écouté avec
complaisance les accents charmeurs de Debussy, s’il en a goûté,
comme tous ses contemporains, l'exquise et profonde volupté il
n’en a retenu qu’une grande leçon d’indépendance. »
Et c'est bien là ce qui se pouvait dire de plus juste et de plus
définitif sur le grand musicien qui, tout en demeurant artiste
de son temps et de son pays, a su garder une place bien a. lui
dans un milieu particulièrement brillant. M. Florent Schmitt est
un « jeune » au sens qu’à Paris, on attache à ce mot, c’est-à-
dire qu’il a dépassé la cinquantaine. Il a d’ailleurs beaucoup
produit. Outre son Quintette, qui passe pour un des ouvrages de
musique.de chambre les plus intéressants, outre Le Psaume XLVI,
pour orchestre. orgue chœurs et solo ; La Tragédie de Salomé,
les Reflets d Allemagne, les Nuits romaines, les Musiques
intimes, Rêves, Légende, pour alto et orchestre - ces pièces
choisies parmi les plus connues - il a encore écrit de
nombreuses mélodies : Star, sur des vers de M G. Jean Aubry, et
enfin le chœur des Devadasis, L’Hymne a l’Eté, le Chant de
Guerre.
Artiste passionné, profondément sincère et épris de musique, en
plus d’un compositeur puissant et personnel, M. Florent Schmitt
est encore un critique curieux des œuvres nouvelles, obstiné à
les révéler et à les défendre envers et contre tous. Sans
compter qu’il y apporte, parfois, une certaine véhémence et
toujours, un grand courage.
Départ de Missionnaires
Aujourd'hui, 17 août, s’embarquent, à Marseille trois
missionnaires envoyés à Madagascar par la Procure des Missions
Françaises G. G. M. de la rue des Stations, à Lille. Le P. André
Gadenne, de Lille; le P. François de Gonneville, de Blamont
(M.-et-M.), et le P. Bernard Vienne, de Tourcoing. Le P. André
Gadenne est le petit-neveu de M. l’abbé Gadenne, mort curé de
Raches, à l’Age de 106 ans. A l’occasion de ce départ, citons
quelques chiffres qui intéresseront, croyons-nous, les lecteurs
de la « Croix du Nord ». Depuis moins d'un an, la Procure des
Missions Françaises de la rue des Stations, à Lille, a présidé à
l'embarquement de treize missionnaires. qui pour la plupart,
n'étaient préparés à leur travail apostolique pendant une
quinzaine d’années chacun.
L'effort principal de la Procure n’est pas d’ailleurs de
préparer les départs en mission ou les retours, mais de
ravitailler en toute façon les trois missions, c'est-à-dire de
ravitailler avec les trois évêques, 130 missionnnaires-prêtres,
49 missionnaires-laïcs, 106 religieuses enseignantes ou
hospitalières. en tout 288 personnes lesquelles dirigent 3.365
catéchistes, maîtres et maîtresses d’école.
La Procure doit s’occuper aussi de :
668 Eglises et Chapelles :
6 Séminaires et Collèges ;
2.192 Ecoles (garçons et filles) avec 51.974 élèves ;
1 Léproserie avec 108 lépreux ;
8 Dispensaires (150.000 remèdes distribués) ;
1 Imprimerie (180 ouvrages édités).
C’est grâce surtout aux aumônes recueillies par la Procure des
Missions G. G. M. que notre compatriote Mgr Lécroart a pu
recueillir et nourrir, dans ses écoles, pendant la famine de
1921, 40.000 petits affamés chinois et faire bénir en Chine le
nom de la France et celui des villes-sœurs de Lille, Roubaix et
Tourcoing.
UN CAPITAINE ALLEMAND
CONDAMNÉ A MORT PAR CONTUMACE
Nancy, 5 aout.
Le conseil de guerre de la 20e région a jugé, par contumace,
l’ex-capitaine .Kuntz,
actuellement maire de Zitog (Saxe).
Accusé d’avoir commis, en 1914, des actes de pillage, à
Neuviller, Blamont, Domevre et d'avoir, en outre, ordonné
l’incendie de l’église d’Harbouey, Kuntz a été condamné à la
peine de mort.
CHALON-SUR-SAONE
Arrêté au poste. - Hier, le sieur Maurice-Joseph Claude, né en
1897 à Blamont (Meurthe-et-Moselle), se présentait au poste de
police pour solliciter un billet de logement.
Comme cet individu était sans papiers et sans argent, il a été
arrêté aussitôt pour vagabondage.
Une jeune fille tuée
Montélimar, 12 septembre. Cet après-midi, vers 2 heures, une
auto emmenant trois personnes : M. et Mme Emile Tranchand,
garagiste à Blamont (Meurthe- et-Moselle), et leur jeune fille
âgée de 20 ans, s’est jetée sur un camion-automobile qui était
renversé sur le côté gauche de la route nationale numéro 7, à la
hauteur du hameau Pannières, commune de Donzère.
Ce camion ayant dérapé dans la matinée, ses propriétaires, MIM.
Alègre et Mondon, de Valence, avaient envoyé un second véhicule
pour prendre la marchandise ainsi arrêtée, et ce deuxième camion
se trouvait sur le côté droit de la route, en face du premier.
M. Tranchand aurait pu passer entre les deux ; il voulut
cependant ralentir, mais ayant freiné trop fort sur le terrain
glissant, il dérapa et sa voiture vint heurter violemment un des
camions.
La jeune fille fut précipitée hors de la voiture et relevée avec
une fracture du crâne. Les trois occupants ont été aussitôt
transportés à l’hôpital de Montélimar par des automobilistes
anglais qui passaient au moment de l’accident.
La jeune fille est décédée en cours de route; le père et la mère
n’ont eu que des contusions sans gravité.
M. et Mme Tranchand et leur fille venaient de Nîmes, où ils
avaient séjourné deux mois, et rentraient à Blamont. La jeune
fille devait se marier prochainement.
Logeur en défaut. - Les
gendarmes ont verbalisé contre Schmaleff Eugène, hôtel-café de
la Paix, rue du Château, à Blâmont, dont le registre de logeur
n'était pas en règle.
Trois cinégraphistes blessés.
Trois graves accidents ont frappé les cinégraphistes, ces temps
derniers.
[...] Enfin, la charmante vedette anglaise Francis Day, qu’on a
vue en France dans Deux Cœurs, Une Valse, et qui tourne
actuellement à Paris Antonia, Romance hongroise, a été victime
d’un accident de voiture suffisamment grave pour qu’on juge
nécessaire son transport à l'hôpital de Blamont.
Nos meilleurs vœux de rétablissement à tous.
ELECTION A L’ACADEMIE DES
BEAUX-ARTS
Paris, 25. - L’Académie des Beaux-Arts a procédé, samedi
après-midi, à l’élection d’un membre titulaire au fauteuil
vacant par la mort de M. Paul Dukas.
Au cinquième tour de scrutin, M. Florent Schmitt a été élu par
17 voix sur 32 votants.
Le nouvel académicien est né en 1870 à Blamont
(Meurthe-et-Moselle).
Grand-Prix de Rome de musique en 1900, il fut appelé à diriger
le conservatoire de Lyon de 1922 à 1924. Il est aujourd’hui
critique musical du journal « Le Temps ».
Une tornade s’est abattue à
Blamont (M.-et-M.) et a causé d’importants dégâts aux récoltes.
Des arbres arrachés ont entraîné dans leur chute des poteaux
télégraphiques. Le téléphone a été coupé dans plusieurs
directions. Plusieurs routes ont été coupées.
Ein Kind wird von einer
Dampfwalze zermalmt
Am Freitag gegen Mittag ereignete sich an der Strassenkreuzung
von Cirey nach Blamont und der Ausfahrt von Badonwiller ein
schweres Unglück. Am vorderen Walzenrad der Dampfwalze die im
Rückwärtsfahren begriffen war, spielte ein Kind. Als jedoch der
Maschinist, der das Kind nicht bemerkt hatte, wieder vorwärts
rollte, kam der unglückliche vierjährige Jean-Claude Collot zu
Fall und wurde buchstäblich von der Dampfwalze erdrückt.
Une faute professionnelle qui
doit être pénalisée
Nous avons sous les yeux, une fois de plus, une sommation sans
frais adressée par un percepteur (en l’occurrence celui de
Blamont, commune d’Avricourt, en Meurthe-et-Moselle), et par
laquelle un contribuable est convié, ou plus exactement sommé,
d’avoir à payer dans un délai de douze jours une somme de... 20
francs !
Ne serait-il pas temps qu’un ministre des Finances réaliste,
interdise tout envoi de sommations ou de rappels de ce genre
pour toute somme inférieure à 100 fr. ?
Au cas où un fonctionnaire ne tiendrait pas compte de telles
directives, il devrait être pénalisé pour avoir infligé à
l’administration une dépense infiniment supérieure, tant en
perte de temps qu’en consommation abusive de papier et en
formalisme.
Sans compter le temps perdu pour le contribuable !
Ein 10 Monate altes Kind
starb an Misshandlungen
Am Donnerstagabend verstarb im Spital zu Nancy das 10 Monate
alte Baby Jean Weis, uneheliches Kind des Korbmachers Vincent
Burckhardt und seiner 23 Jahre alten Freundin Henriette Weis.
Man hatte das Kind am Morgen in der Wohnung seiner Mutter in
Gogney bei Blâmont in einem hoffnungslosen und völlig
verwahrlosten Zustand aufgefunden. Burckhardt hatte das Kind
zuvor, in Abwesenheit der Mutter, öfters misshandelt und es auch
wieder am Donnerstagmorgen mit Schlägen traktiert.
Als er feststellen musste, dass das Kind verletzt war, ergriff
er die Flucht. Man vermutet, dass er sich nach dem Elsass
gewendet hat, wo verschiedene seiner Sippe wohnen.
NANCY (A.F.P.). - Une
automobile conduite par Mlle Michèle Georges, âgée de 19 ans,
s’est jetée contre un arbre de Blamont Le père de la
conductrice, négociant à Lunéville, a été tué, la mère et la
sœur de la jeune fille ont été sérieusement blessées.
Disparus depuis dimanche
Deux motocyclistes avaient trouvé la mort dans un ravin
L’un d’eux laisse une femme et cinq enfants
LUNEVILLE. - Dimanche, M. Charles Franck, âgé de 40 ans,
demeurant à Avricourt, et M. Maurice Cotel, célibataire,
demeurant à Autrepierre, tous deux employés aux usines Bata,
étaient partis, comme chaque semaine, couper du bois à Domèvre-sur-Vezouse.
Ne voyant pas revenir les deux hommes, Mme Vve Cotel, mère de M.
Maurice Cotel, et Mme Franck firent une déclaration à la brigade
d‘Avricourt, qui entreprit immédiatement, avec le concours de la
brigade de Blamont, des recherches qui demeurèrent vaines
jusqu’à hier après midi.
Vers 15 h., les deux hommes furent découverts par la brigade de
gendarmerie d’Avricourt. Ils étaient morts dans le ravin qui
borde le côté gauche du virage, à proximité de la gendarmerie à
l’entrée de Blamont.
D’après les constatations faites par un médecin, la mort due à
une fracture du crâne, remonterait à dimanche soir, vers 22 h.
Les corps ont été transportés à l’hôpital de Blamont.
La moto pilotée par M. Cotel avait heurté un arbre par le côté
droit avant de rouler dans le ravin ; seuls le guidon et le
phare ont souffert. La machine avait été achetée peu de temps
auparavant par M. Cotel.
M. Franck, qui venait de faire construire une maison à Avricourt,
laisse une veuve et 5 enfants.
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