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Presse - Le Télégramme des Vosges - 1919-1924


  • 5 juin 1919

Blâmont.
Tentative de meurtre. - Vers 11 heures 30 du matin, le facteur Joseph Aubry, desservant plusieurs communes, suivait un chemin de traverse sur le territoire de Verdenal, lorsqu'un travailleur chinois, caché dans une haie, tira sur lui plusieurs coups de revolver. Une des balles le blessa au bas des reins. Le chinois prit aussitôt la fuite mais il est activement recherché.


  • 25 mars 1920

LES TRAITRES DE LA GUERRE
Le maire de Vaucourt condamné en Conseil de guerre
Le conseil de guerre de la 20e région vient de juger un vieillard de 71 ans, nommé Joseph Losson, domicilié à Saint-Avold, mais qui était en août 1914 fermier à Vaucourt, canton de Blâmont (Meurthe-et-Moselle).
Dans le courant de la nuit du 30 au 31 août 1914, un coup de feu avait été tiré à Vaucourt et un soldat allemand blessé par le projectile ; les soupçons des Allemands se portèrent sur un cultivateur, M. Leclère, âgé de 61 ans et sur son fermier, Joseph Losson.
Les deux hommes furent arrêtes et conduits au lieudit « Le Moulin de Lagarde ».
Le lendemain, Leclère était fusillé tandis que Losson était remis en liberté et nommé maire de Vaucourt par les Allemands.
Losson, qui devait de l'argent à Leclère, est accusé d'intelligence avec l'ennemi. On lui reproche notamment d'avoir dit aux Allemands que c'était Leclère qui avait tiré un coup de feu.
Losson a été condamné à 5 ans de réclusion.


  • 7 juillet 1920

Tué par son fils à la chasse aux sangliers
Un terrible accident de chasse s'est produit à Saint-Martin, petite commune du canton de Blâmont, dans la nuit du 2 au 3 juillet. M. Edouard Pierron, cultivateur, maire de Saint-Martin, était parti vers 9 heures du soir, à l'affût aux sangliers qui dévastaient ses propriétés, emmenant avec lui son fils Georges, âgé de 16 ans.
Les deux chasseurs se postèrent dans une friche, à proximité de la forêt Vannequel, près de Chazellles. Ils étaient peut-être à 50 mètres l'un de l'autre.
Vers 11 heures, ils aperçurent un énorme sanglier, mais ne purent le tirer.
Après minuit, Georges Pierron aperçut une masse noire qui se dirigeait vers lui. Croyant à un retour offensif du sanglier, il épaula et tira. Ayant perçu la chute d'un corps, il cria, tout joyeux : « -Papa, il y en a un en bas ! » Puis il s'approcha, se baissa, palpa sa victime et soudain, se releva en -poussant un cri d'horreur : il venait de toucher le cadavre de son père.
L'infortuné maire de Saint-Martin avait été tué raide. Le projectile lui avait traversé la gorge, après lui avoir fait sauter le menton.


  • 20 novembre 1920

Accident mortel d'automobile
Une automobile conduite par M. Henri Parnandeau, inspecteur à la compagnie du chemin de fer Lunéville-Blâmont-Badonviller, et dans laquelle se trouvait aussi M. Souquès, délégué administratif à la commission cantonale de Blâmont, a heurté, dans le brouillard très épais, un lourd chariot chargé de bois d'échafaudage, au lieu dit la Descente-de-Barbézieux. M. Parnandeau a été tué. M. Souquès en a été quitte pour de légères contusions.
M. Parnandeau, âgé de 37 ans, était marié et venait d'être père il y a seulement quelques semaines.


  • 27 octobre 1922

Les surprises de la guerre
Je n'ai pas pour habitude de lier conversation avec mes compagnons de hasard - j'allais dire d'infortune - quand je voyage en chemin de fer.
Ce matin, pourtant, attiré par la franche physionomie de mon vis-à-vis, une de ces figures, énergiques et douces en même temps, comme en enfante notre bonne province de Lorraine, je me départis de mon mutisme et je n'eus pas à le regretter.
Nous parlâmes de la guerre et voici le récit émouvant que j'entendis.
- Je fus surpris par la guerre à B. J'étais seul avec ma femme ; mes deux fils étant au front.
Deux fois, les boches me conduisirent au poteau d'exécution sous le seul prétexte que j'étais adjoint au maire. Pour quel motif m'ont-ils épargné, je l'ignore.
Le 24 août, profitant de la retraite passagère des Allemands, je parvins à m'enfuir par Baccarat et Rambervillers. Je dus faire trente kilomètres à pied avec mon épouse presque infirme. Ce furent de pénibles journées ; mais tout cela ne compte pas à côté des émotions qui m'étaient réservées.
Je vous l'ai dit : j'avais deux fils sur le front. En octobre 1915, j'appris par des camarades de l'un d'eux qui était capitaine, que ce pauvre enfant avait été tué en Artois. Cette fatale nouvelle m'arriva dans la Creuse où je m'étais réfugié.
Quelques semaines plus tard, je recevais du Ministère son acte de décès.
Je ne vous dirai pas les souffrances morales que nous endurâmes, ma femme et moi.
Pendant six mois, nous portâmes son deuil.
Pendant six mois ! Car un jour je reçus la visite d'un officier qui me persuada que celui que nous pleurions n'était pas mort.
Et comme je lui montrais l'acte de décès de mon fils, cet officier me mis sous les yeux deux lettres récentes de notre enfant. Sur l'une d'elles, il priait son camarade de rechercher ses parents à qui il avait écrit maintes fois, à Blâmont, sans succès.
Vous comprenez, n'est-ce pas, les boches se souciaient peu de faire parvenir aux autorités françaises les lettres de mon fils.
Je ne vous dirai pas quelle fut mon émotion en lisant ces deux lettres. La secousse fut plus violente encore que lorsque j'avais appris sa mort.
Mon enfant vivait ! Et j'en eus la preuve formelle, peu après quand je reçus sa première lettre d'Allemagne où il était prisonnier...
Aujourd'hui, il est encore capitaine. Il devrait être commandant ou colonel ; mais prisonnier de la première heure, il n'eut de ce fait aucun avancement.
Aujourd'hui, monsieur, je suis veuf. Mon épouse n'a pu résister à de tels assauts. Mais il y a deux choses que je garderai toujours sur moi, qui ne me quitteront jamais : c'est l'acte de décès de mon fils et la lettre par laquelle, six mois plus tard, j'appris qu'il était encore vivant.
Et ce brave homme, avec des larmes plein les yeux, me déplia ces deux bouts de papier si précieux et qu'il conserve comme de pieuses reliques.
P. R.


  • 29 septembre 1923

UN INCONCEVABLE CRIME
EN PLEIN JOUR, UN PRÊTRE EST ASSASSINE
dans un train
Vendredi, à l'arrivée, à Saint-Dié, du train quittant Epinal à 4 h. 55, le surveillant trouvait, dans un compartiment de troisième classe, le corps inanimé d'un prêtre tombé en travers du parquet. Du sang couvrait le visage, et la soutane était toute maculée. La mort avait fait son œuvre.
Immédiatement, l'employé prévint le commissaire spécial qui téléphona au parquet et à la gendarmerie de Saint-Dié. Il était 7 heures du matin.
Quelques minutes plus tard, gendarmes et parquet étaient sur les lieux et constataient qu'on était bien en présence d'un crime commis peu avant, car le corps n'était pas encore complètement refroidi et la blessure -à la tête révélait un coup de revolver tiré à bout portant.

Une chasse à l'homme
Tandis que le juge d'instruction procédait à ces constatations et faisait garer le wagon, l'adjudant de gendarmerie Pasquier mobilisait tous ses hommes et organisait les recherches. Lui-même, avec le gendarme Guyot, partait en side-car, battant toute la région entre Saulcy, Coinches et les Rouges-Eaux. En gare de Saulcy, il apprenait par un employé qu'un individu avait été aperçu, descendant à contre-voie, du train en marche et que cet individu, après une chute assez brutale, s'était enfui à travers champs.
Un faucheur, M. Mangin, donnait son signalement. « J'ai vu, dit-il, un jeune homme, habillé d'un complet gris-noir et coiffé d'un chapeau de feutre mou, s'enfuir à toutes jambes. » « Tu es donc, bien pressé, dit le faucheur. - Oui, répondit le fuyard, je viens de ramasser une s... buche. »
L adjudant Plasquier communiqua immédiatement à Saint-Dié les renseignements qu'il avait recueillis. Le chef de brigade Fair envoya alors, dans la direction indiquée, les gendarmes Petiet et Egard qui partirent à bicyclette. Il était exactement 7 heures 50.
Pendant ce temps-là, la brigade de Fraize se joignait à celles de Saint-Dié pour renforcer la battue.
Avec un flair digne du plus fin limier, le gendarme Petiet se dirigea sur Sainte-Marguerite. Arrivé à la hauteur du pont, il aperçut, suivant une voiture, un jeune homme dont le signalement correspondait, assez vaguement d'ailleurs, à celui qu'avait donné M. Mengin. Il remarqua la tenue débraillée de l'individu qui avait caché le col de sa chemise sous celui de son veston. De plus, bien qu'il fît très sec, les vêtements étaient mouillés ainsi que les chaussures.

L'arrestation du criminel
Félicitons le gendarme Petiet de son esprit de décision grâce auquel le criminel ne put échapper aux poursuites. Donc, apercevant cet individu suspect, M. Petiet et son collègue descendirent de bicyclette.
Sans explications, ils le saisirent et crièrent : « Haut les mains ». L'individu obéit et fut fouillé. Il fut trouvé porteur d'un revolver à barillet chargé des cinq cartouches. Dans ses poches, 18 autres cartouches.
Ce n'était sans doute pas une preuve de sa culpabilité, nous dit M. Petiet. Car, ici, trop de jeunes gens, malheureusement, ne sortent qu'armés d'un revolver. Mais le nombre des cartouches trouvées sur cet homme me laissa rêveur.
En effet, il me dit avoir acheté une boîte de cartouches. Or, il y en a 25 par boîte. Il en manquait donc deux. Où étaient-elles passées ? L'individu que nous venions d'arrêter ne put me fournir d'explication. J'étais sûr de tenir le criminel, je l'amenai à la gendarmerie de Saint-Dié, dans une automobile que M. Ménette, maire de Remomeix, mit gracieusement à ma disposition. Il était huit heures 15.
Donc, en 25 minutes, les gendarmes Petiet et Egard avaient arrêté l'homme en fuite. Etait-ce l'assassin du prêtre ?

Confrontation
Interrogé d'abord à la gendarmerie, l'individu déclara sa nommer Demangel Victor Jules, 19 ans, conscrit de La classe 24, jardinier, demeurant chez ses parents, rue de la Vigne-Henry, à Saint-Dié. Il était porteur, en outre du revolver et des cartouches que nous avons signalées, d'un portefeuille contenant 131 francs. Ses mains portaient encore des traces de sang. A son veston, de nombreux insignes et cocardes de conscrit. II avait passé le conseil de révision mardi dernier.
Energiquement. Demangel nia être l'auteur du crime. Devant son attitude, le juge d'instruction décida de le confronter avec la victime. Demangel étendit la main dans la direction du prêtre et jura qu'il n'était pas coupable.
Ce ne fut que dans l'après-midi que, pressé de questions, il avoua et donna du crime une version fantaisiste à laquelle on ne peut prêter aucun caractère de véracité.
« - J'étais, dit-il, seul dans un compartiment quand un prêtre y prit place à Lavaline. A peine était-il installé, qu'un voyageur voulut y entrer ; mais, apercevant un prêtre, il se retira non sans avoir adressé au prêtre une parole désobligeante qui mit ce dernier de fort méchante humeur.
« Voulant, me mettre à la portière, je fis involontairement tomber la sacoche de mon compagnon de voyage. Une discussion s'éleva, je fus gifflé. C'est alors que je sortis mon revolver mais sans avoir l'intention de tirer. Le coup partit malgré moi et la balle se perdit dans la portière. Affolé, je me mis à genoux pour implorer le pardon du prêtre ; mais celui-ci me prit à la gorge : c'est alors que je lirai et m'enfuis ».
Telle est la version du criminel. Elle est d'autant plus invraisemblable que le prêtre était doué d'une force herculéenne : il mesurait 1 m. 93. De plus, Demangel n'explique pas comment on retrouva
la sacoche du prêtre sur la voie, au passage de Clongoutte, ni comment cette sacoche fut lancée par la portière, comme l'affirme un témoin.
C'est entre les gares de St-Léonard et de Saulcy que fut perpétré le crime. Plusieurs coups de feu furent entendus, à cet endroit, par les voyageurs.
Quelques secondes plus tard, on vit un homme sauter du train en marche. Celui-ci arrivait à hauteur des établissements de Tissot.

La victime
La victime était très connue et très estimée dans les Vosges. C'est M. l'abbé Auguste Hans, 52 ans, curé de Repaix, près de Blâmont (Meurthe-et-Moselle). L'abbé Hans avait fait ses premières études à l'école Trempsal, à Saint-Dié où ses camarades avaient conservé de lui le meilleur souvenir. L'abbé Hans avait pris, vendredi, le premier train de Gérardmer où il était allié voir son frère, industriel. Il se rendait à Saint Dié, dans sa famille.
C'est à Laveline qu'il monta dans le train fatal.
Troils balles furent tirées. Une traversa le chapeau du prêtre et alla se loger dans la portière. Une deuxième en dessous de l'oreille gauche et la troisième au cou.
L'emplacement des blessures laisserait plutôt, croire que l'Abbé somnolait ou lisait quand il fut assailli.
La victime fut transportée, par les soins de la police, à la morgue du cimetière de Foucharupt.
Quant à l'assassin, il est écroué a la maison d'arrêt de Saint-Dié.

Si nos souvenirs sont exacts, l'abbé Hans fut mobilisé dans l'artillerie à Epinal au début de la guerre et fut attaché quelque temps à l'hôpital de Golbey, pour être ensuite affecté à l'hôpital de Baccarat.
Nous nous associons à la douleur de sa famille que nous prions d'agréer nos vives condoléances.


  • 30 septembre 1923

Un prêtre est assassiné dans un train
Vendredi, à l'arrivée, à Saint-Dié, du, train quittant Epinal à 4 h 55, le surveillant trouvait, dans un compartiment de troisième classe, le corps inanimé d'un prêtre tombé en travers du parquet. Du, sang couvrait le visage, et la soutane était toute maculée. La mort avait fait son œuvre.
La victime était M. l'abbé Auguste Hans, 52 ans, curé de Repaix, près de Blâmont (Meurthe-et-Moselle).
L'abbé Hans avait pris vendredi, le premier train de Gérardmer où il était allé voir son frère, industriel. Il se rendait à Saint-Dié, dans sa famille.
C'est à Laveline qu'il monta dans le train fatal.
Trois balles furent tirées. Une traversa le chapeau du prêtre et alla se loger dans la portière. Une deuxième en-dessous de l'oreille gauche et la troisième au cou.
Le parquet, avisé immédiatement, alerta la gendarmerie qui se mit aussitôt à la recherche de l'individu. Vers huit heures, les gendarmes Petiet et Edgar arrêtèrent dans les environs de Sainte-Marguerite un jeune homme aux allures étranges, dont les vêtements étaient mouillés et la chemise ensanglantée. Cet individu qui se nomme Jules Demangel, et appartient à une honorable famille de Saint-Dié, est conscrit de la classe 1924.
Apres avoir nié, il finit par avouer être l'auteur du crime, et donna de son forfait une explication qui parait invraisemblable.
Il déclara qu'entre Saint-Léonard et Saulcy, il avait eu une discussion avec l'abbé au sujet d'un paquet qu'il aurait fait tomber. Pour en imposer au prêtre, il aurait alors sorti son revolver. Mais le prêtre, qui était taillé en hercule, aurait saisi le jeune homme à la gorge. Celui-ci aurait tiré une première baille qui au rait traversé le chapeau de sa victime, puis une seconde qui l'atteignit au cou et le fit tomber. Alors, froidement, comme un criminel endurci, Demangel lui tira une troisième balle derrière l'oreille pour l'achever.


  • 11 octobre 1923

Remiremont
Tribunal Correctionnel
AUDIENCE DU MERCREDI 9 OCTOBRE
Machine en ballade. - Le nommé Robert Drant, 26 ans, originaire de Blâmont, mécanicien-chauffeur aux Tramways des Vosges, faisait le service du dernier train qui arrive en gare de Remiremont, vers cinq heures et ne repart que le lendemain. C'est à cette condition que Drant fut embauché.
Cette obligation de manger et de coucher à Remiremont, coûtait cher au mécanicien, qui est -marié, père de trois enfants et à son domicile à Gérardmer. A plusieurs reprises, il avait demandé qu'on lui trouvât un local, mais on en sait la rareté à Reminemont. Drant passa plusieurs nuits dans un wagon et une après-midi qu'il quittait le dépôt de Gérardmer pour conduire le train à Remiremont, il déclara tout net à M. Amell, chef du dépôt, que s'il ne trouvait ou si on ne lui avait pas trouvé une chambre à Remiremont, il reviendrait sur sa machine à Gérardmer, pour coucher.
Le chef de dépôt ne répondit pas a ces paroles qu'il ne prit point au sérieux. Mais ayant; conduit son train à Remiremont et comme on ne lut avait pas trouvé de chambre, Drant rentra sur sa machine, haut-le-pied, à Gérardmer. Le comble, c'est que le premier train du matin quitta la gare de Remiremont avec une heure de retard, du fait que Drant n'avait pas pris ses- dispositions pour arriver avec sa machine à Remiremont, en temps voulu.
On voit tout le comique de cette affaire de contravention à un arrêté préfectoral et au règlement des Tramways des Vosges dont Drant était inculpé. Il a été condamné à une amende de 16 francs.

 

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