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Presse - Le Nouvelliste de l'Est - 1887-1912


  • 11 décembre 1887

ÉLECTION DE BLAMONT
Election au Conseil général. - On nous écrit de Blâmont :
Suivant son programme de convenance et de calme, le comité conservateur du canton de Blâmont a attendu que la date des élections au Conseil général fût fixée pour provoquer une réunion des électeurs à l'effet de choisir un candidat au siège laissé vacant par la mort prématurée de M. Brice.
Cette réunion a eu lieu dimanche, à courant, à Blâmont, sous la présidence de notre ancien conseiller général, le respectable M. Mathis de Grandseille.
L'opportunité de la lutte s'imposait sans discussion.
La candidature de M. d'Hausen, champion du parti conservateur aux précédentes élections pour le Conseil général, a été mise tout d'abord en avant. Puis, en vue d'opposer un cultivateur réel au cultivateur imaginaire patronné par les républicains, et aussi en témoignage d'une bien légitime sympathie pour l'un des plus dignes représentants des idées conservatrices dans ce canton, quelques membres de la réunion auxquels s'est associé M. d'Hausen, ont proposé la candidature à M. Alfred Cuny, propriétaire à Igney, et que les rares partisans de M. Emile Cuny voudraient bien faire confondre avec leur candidat, auquel il ne ressemble heureusement que par le nom.
Après un échange d'observations et une déclaration de M. Alfred Cuny pour décliner cette proposition et promettre, vu les circonstances spéciales, un concours plus actif et plus dévoué que jamais à M. d'Hausen, ce dernier a été désigné à l'unanimité comme candidat conservateur aux élections du 18 courant.
M. d'Hausen, confiant dans l'appui de tous les honnêtes gens, écœurés comme lui de ce qui se passe, a accepté la candidature. Toutes les chances de succès sont pour lui : elles lui resteraient acquises même en face d'un autre homme que M. Emile Cuny, qui, pour le constater en passant, contrairement aux assertions de sa profession de foi, n'était pas encore républicain à une date dont on se souvient à Igney et n'est plus agriculteur, puisque depuis longtemps il a vendu le bien qu'il cultivait.

M. d'Hausen, candidat, adresse aux électeurs du canton de Blâmont la circulaire suivante, dont la franchise est un titre à la confiance de tous les électeurs :
CANTON DE BLAMONT
Election au Conseil général du 18 décembre 1887.
Messieurs et chers Concitoyens,
Je me rends à l'appel du Comité conservateur de notre canton en me présentant de nouveau à vos suffrages.
Il y a 16 mois, je vous dénonçais les maux que nous a infligés la République.
Depuis lors, ils n'ont fait qu'empirer, et des faits tristement éloquents ont mis en évidence le but que bien des républicains ne craignent pas de poursuivre au pouvoir : s'enrichir au détriment de la fortune publique et de l'honneur national.
De perpétuels changements de ministères, ou le remplacement d'un Président sans dignité par un Président sans prestige, ne peuvent suffire à améliorer cette situation.
Il appartient aux électeurs, en votant contre les partisans de ce régime d'abus, de reconstituer un gouvernement de probité, d'ordre et d'économies, digne du respect et de la confiance de tous.
Je crois que là est le devoir pour tous ceux qui ont au cœur le culte de la Patrie et le mépris des faiblesses ou des calculs qui la perdent.
En acceptant la candidature au Conseil général, je n'ai d'autre ambition que de travailler, dans la mesure de mes forces et suivant ma conscience, à votre bien et à celui du pays.
Si vous pensez que mes études préalables et mes occupations actuelles, l'identité de nos intérêts, la connaissance que j'ai de notre canton et ma résidence à son chef-lieu me mettent en mesure de vous représenter avec fruit, vous pouvez me donner vos voix en toute sécurité : en ma personne, vous enverriez au Conseil général un homme indépendant, ennemi de toute violence, incapable de vous tromper, désireux de vous être utile et de faire œuvre de bon citoyen.
F. D'HAUSEN,
Ingénieur, propriétaire à Blâmont.
Blâmont, 6 décembre 1887.
La candidature de M. E. Cuny, présentée par le parti républicain et fondée sur l'étendue et la durée de son expérience agricole, a soulevé dans le canton de légitimes protestations, au nombre desquelles nous devons citer la lettre suivante qui nous est adressée par M. Alfred Cuny, homonyme du candidat républicain ; la situation bien connue de M. A. Cuny comme agriculteur donne à sa parole une autorité que nos adversaires eux-mêmes ne sauraient récuser :
Igney, le 7 décembre 1887.
Monsieur le Rédacteur,
Depuis dimanche 4 décembre, de magnifiques affiches vertes s'étalent sur les murs, dans toutes les communes du canton de Blâmont.
E. CUNY
Cultivateur, ancien Maire d'Igney.
Certes, la couleur est bien choisie, et si nous étions dans la saison des concours régionaux, le candidat remporterait sûrement la plus haute récompense attribuée aux produits, peut-être le ruban du Mérite agricole, car pour une carotte, c'est la plus vaste et la plus forte que j'aie jamais vue.
Cultivateur, lui ? Allons donc ! Depuis 10 ans il a abandonné la culture personnelle et pour se désintéresser tout-à-fait de la question agricole, depuis deux ans, il a vendu ses terres.
Aussi son intérêt personnel à lui, rentier, est-il complètement opposé aux vôtres, à vous tous électeurs, qui vivez de vos travaux agricoles : car la devise de cet homme de bien (d'après l'Eclaireur qui ne le connaît pas), est : « Charité bien ordonnée commence et finit par moi-même. »
Ancien Maire d'Igney ?
Oui, il le fut 5 mois, 6 au plus ; son dévouement aux intérêts municipaux ne lui a pas permis de conserver plus longtemps ces honorables fonctions.
Voilà les titres aux suffrages des Electeurs, dont l'intérêt est de le laisser chez lui cultiver à son gré la carotte et le melon.
Agréez, etc. Alfred CUNY, cultivateur à Igney.


  • 18 décembre 1887

CANTON DE BLAMONT
Election au Conseil général du 18 décembre 1887.
Candidat conservateur
M. D'HAUSEN
Circulaire du Comité conservateur
Messieurs les Electeurs,
La candidature de M. d'Hausen a rencontré parmi vous le plus sympathique accueil.
L'appel ci-joint de MM. les cultivateurs d'Igney suffirait à convaincre jusqu'au dernier qu'il convient de le préférer à son concurrent, au point de vue de la bonne gestion des affaires comme aux autres.
Vous saurez faire le cas qu'elles méritent des insinuations malveillantes, des calomnies, rengaines de chaque élection, tendant à dénaturer le caractère du Candidat conservateur.
Ses adversaires lui reprocheront d'être réactionnaire, de vouloir déchaîner la guerre civile : mensonge, puisqu'il prétend obtenir légalement, par les élections, l'amélioration paisible et progressive d'un mauvais gouvernement.
Ils vous diront qu'il est clérical : vous répondrez qu'il est catholique, que, comme vous tous, il tient à préserver d'injustes attaques une religion qui nous aide à vivre et à mourir, un enseignement chrétien nécessaire à l'éducation de nos enfants, des sœurs d'hôpital qui veillent au chevet des pauvres.
Ils vous parleront une fois de plus de castes, de privilèges, etc., voire même de guerre extérieure : Vous en rirez comme de contes sans portée à notre époque d'égalité, ou de menaces hors de proportion avec une modeste élection cantonale.
M. d'Hausen, même avant la guerre, tenait par sa famille à notre région ; il est devenu un enfant du pays par de nouveaux liens, par le temps, par les habitudes, par les intérêts.
Et cependant, quelques-uns auront l'infamie de chercher contre lui une arme dans les malheurs de l'annexion : Vous rappellerez aux calomniateurs qu'ils font, en même temps qu'à lui, une insulte gratuite à des milliers de nos officiers, originaires de sa province natale, et à tous les patriotes qui, le devoir fait contre l'ennemi, ont voulu retrouver par l'option la patrie perdue, et souvent au prix de lourds sacrifices.
Un parti qui emploie de tels arguments, se détruit de ses propres mains.
Ne consultant que vos intérêts et la vérité, vous assurerez par vos votes une grande majorité à M. d'Hausen.
Le Comité conservateur.
Appel des Cultivateurs d'Igney à Messieurs les Électeurs !
Nous soussignés, Cultivateurs, actuellement électeurs à Igney, nous nous réunissons pour protester contre la candidature de M. Emile Cuny au Conseil général; pour dire hautement que c'est à tort qu'il s'intitule agriculteur ; que ses titres à notre confiance sont nuls au point de vue agricole et négatifs sous tous les autres rapports.
Nous savons par contre que M. d'Hausen a, dans ce canton et dans un canton voisin, des intérêts agricoles sérieux à défendre en même temps que les nôtres ; qu'il assure le travail de nombreux ouvriers ; qu'au rebours de son concurrent, il habite une maison ouverte à tous, dans laquelle chacun peut à son gré l'aborder et l'entretenir; qu'il est homme enfin à n'épargner ni argent, ni temps, ni peines pour rendre un service ou remplir les obligations de son mandat.
Bien placés pour connaître et comparer les deux candidats en présence, nous croyons concourir au bien général en vous disant ;
Au nom de la dignité et des intérêts du canton, votons tous pour M. d'Hausen : il mérite et saura justifier notre confiance.
Signé : Edmond GADEL,
Nicolas BOILEAU,
Florent BOILEAU,
René GADEL,
Jules GADEL,
Alfred CUNY.
Le candidat républicain, M. Cuny, ne peut dissimuler la mauvaise impression causée dans tout le canton par son attitude à la réunion électorale de dimanche. On le savait insuffisant. Il en a fourni la preuve. On lui a adjoint une lumière du parti pour éclairer sa lanterne. Il était impossible de dire plus nettement aux électeurs : Pour le moment, nous n'ayons rien de mieux à vous offrir.
Est-ce M. Bichat, professeur à Nancy, qui présente M. Emile Cuny aux électeurs du canton de Blâmont, ou M. Emile Cuny qui, sans s'en douter, présente M. Bichat aux mêmes électeurs ? Chacun se le demande. Toujours est-il qu'il leur faut se réunir pour faire un candidat républicain complet.
M. Cuny montre le chemin : M. Bichat débite le boniment. M. Cuny s'agite et M. Bichat le mène.
Le rôle de M. Cuny est modeste mais inoffensif : par contre, le boniment de M. Bichat, tel du moins qu'il a été prononcé et non tel qu'il figure au Progrès de l'Est, est plein d'insinuations diffamatoires.
N'est-ce pas par un calcul odieux que M. Bichat s'emploie à déguiser le candidat conservateur en Allemand : il prononce son nom d'une façon connue de lui seul, lui fait un crime d'être né dans la portion perdue de la Lorraine et le montre aux électeurs retour de Coblence.
M. d'Hausen pourrait avec autant d'à-propos affecter d'appeler son concurrent M. Couny, ou lui reprocher d'avoir été annexé avec tout le canton de Réchicourt (auquel il appartenait alors), et cela pendant plus de temps que n'ont duré ses fonctions de maire d'Igney. De là à le faire appeler Prussien, il n'y aurait qu'un pas, et le tour serait joué. Il laisse aux républicains de semblables procédés.
Il pourrait dire encore, si chacun ne le savait déjà, que, surpris par le désastre de Reischoffen en Angleterre, où il terminait ses études, il s'embarquait en toute hâte, s'engageait trois jours après, prenait part à la lutte contre les Allemands pendant tout le siège de Metz et que, s'il est revenu de Coblence, c'est après y avoir passé quatre mois en captivité avec ses compagnons d'armes.
Il pourrait ajouter qu'à ce moment il s'engageait de nouveau pour servir contre la Commune.
Il pourrait enfin se demander pourquoi, pendant ce temps, M. Bichat, âgé de 23 ans environ et envisageant sans doute l'université comme une citadelle, se contentait de dévorer tranquillement à Poitiers ses angoisses patriotiques, lorsqu'il lui eût été si facile, comme tant d'autres de ses collègues, de donner signe de présence aux armées.
M. Bichat, en sa qualité de professeur, mesure les gens au diplôme : n'en trouvant pas trace dans la poche de son client, M. Cuny, il emprunte, pour le mettre en balance avec celui que M. d'Hausen tient de l'Ecole centrale, le diplôme que M. Sadi-Carnot a conquis par l'Ecole polytechnique ; il déclare que le diplôme suffit à assurer le prestige du nouveau président. Combien M.Bichat doit-il maudire le double échec, que nous ne songeons nullement à lui reprocher et sur lequel il a le tort d'appeler notre attention, qui lui a fermé, a lui-même, deux fois de suite les portes de cette Ecole et l'a forcé de se rabattre sur l'Ecole normale !
M. Bichat veut faire croire encore que les conservateurs ont une part de responsabilité dans les catastrophes financières qui ont éprouvé le canton : Comment ? Est-ce parce qu'ils y ont perdu des sommes considérables? Est-ce parce que le banquier failli avait précédemment joué ouvertement et aussi combattu sous-main le parti conservateur, qui depuis longtemps ne le comptait plus pour sien, depuis qu'il patronnait des imprimeries radicales bien connues ?
Il faut un cerveau républicain pour enfanter l'idée que le créancier a tripoté avec son débiteur : pas un conservateur ne se serait avisé d'accuser M. Emile Cuny d'avoir tripoté avec M. Mézière parce qu'il est créancier de la faillite Mézière pour une somme considérable. Vraiment, M. Bichat a eu la main malheureuse !
Encore quelques coups sur la grosse caisse de la politique générale, et le boniment sera terminé : M. Cuny pliera bagage et mènera son barnum plus loin. Amusant spectacle !
On voit bien que M. Bichat est étranger au canton : il faut qu'il n'en connaisse pas les mœurs électorales pour s'imaginer qu'il réussira à faire de la pression officielle, en employant la parole d'un professeur de Faculté à répandre des bourdes historiques, indignes même d'un agent électoral, intéressé à surprendre de toutes les manières possibles la bonne foi des électeurs.
Heureusement le boniment de M. Bichat est plus qu'uns mauvaise action, c'est une maladresse.
Qu'il le répète donc souvent et que M. Cuny le mène : ils gagneront des voix au candidat conservateur.

Cinq jours de terre
On nous écrit :
Perettez-moi une rectification à l'énumération des titres que M. Emile Cuny n'a pas à la confiance des électeurs, suivant tout le monde, d'ailleurs.
Vous dites qu'il ne possède pas un are de terrain à Igney. C'est là une erreur, une colossale erreur. Ce grand cultivateur, représentant-né et choisi entre tous des intérêts agricoles de notre canton, est resté, après la vente de son bien, à la tète de 4 à 5 jours de terre.
La moitié en est actuellement en friche, et peut servir d'enseigne à ce candidat agricole pour rire.
Le pays est las d'être dupe de toutes les contre-vérités que nous débitent à chaque retour d'élection les candidats républicains.
Comme tant d'autres, j'ai été républicain, alors qu'on pouvait espérer de la République autre chose qu'un mot.
A voir nos républicains à l'œuvre dans la question de finances, d'enseignement, de liberté, ma foi républicaine a chancelé ; à l 'affaire du Tonkin elle a fléchi ; elle a décidément sombré dans le gouffre des tripotages Wilson et Cie.
En voilà assez.
Au moins que, sous prétexte de République, ou ne se moque pas de nous dans les questions qui sont avant tout d'intérêt local.
Un ci-devant républicain qui votera pour M. d'Hausen.


  • 24 mars 1889

Nécrologie
Nous apprenons avec le plus vif regret la mort de M. Mathis de Grandseille, chevalier de la Légion d'honneur, ancien officier d'artillerie, ancien maire de Blâmont, ancien membre du Conseil général.
Cette mort, qui prive une des plus honorables familles de la région de son chef vénéré et toute une contrée d'un généreux bienfaiteur, est en même temps un deuil pour le parti conservateur, qui perd en M. Mathis de Grandseille un vétéran et un des serviteurs les plus dévoués de la cause monarchique.
Entré dans l'armée par l'école polytechnique, M. Mathis de Grandseille renonça, jeune encore, aux promesses d'une brillante carrière pour venir s'établir à Blâmont où l'appelaient ses attaches de famille et où le fixa définitivement son mariage avec Mlle Batelot. La droiture et l'aménité de son caractère, la bienveillante simplicité de son accueil, son extrême obligeance et son inépuisable charité lui acquirent bientôt une grande popularité et lui concilièrent d'unanimes sympathies parmi ses concitoyens.
Placé, en 1859, à la tête de l'administration municipale de Blâmont, il contribua puissamment, parmi d'autres améliorations importantes, au succès de deux grandes entreprises de la plus haute utilité pour les intérêts religieux de la population et pour le développement de la prospérité matérielle du canton : la construction de la nouvelle église dont les flèches élancées font à la ville une si élégante parure, et l'établissement du chemin de fer d'Avricourt à Cirey.
En 1864, les électeurs du canton de Blâmont, sachant tout ce qu'ils devaient à ses démarches et à son incessante sollicitude, lui témoignèrent leur reconnaissance en lui confiant le soin de de défendre leurs intérêts au Conseil général ; il s'acquitta de cette mission avec le zèle le plus consciencieux, bien secondé par son expérience des affaires, par la sûreté de son jugement et par une constante préoccupation du bien public.
Les douloureux événements de la guerre lui réservaient une tâche plus pénible et plus difficile en l'obligeant à défendre contre les impitoyables exigences de l'armée d'occupation les intérêts de ses administrés : son attitude patriotique et sa fermeté contribuèrent à alléger autant que possible le poids des impositions de guerre mises à la charge de la ville et des habitants.
Si, en 1873, les passions politiques, plus fortes que le souvenir des services rendus et le souci des véritables intérêts du pays, l'exclurent du conseil général et lui firent quitter peu après l'administration municipale, il n'en resta pas moins dévoué aux intérêts moraux et matériels de ses concitoyens, ne refusant son concours à rien de ce qui se faisait auteur de lui de bon et de bien, prêtant son appui à toutes les œuvres dignes d'intérêt, et montrant ainsi qu'il n'avait d'autre ambition que celle de se rendre utile.
Une mort chrétienne a dignement couronné cette longue carrière. M. Mathis de Grandseille s'est éteint doucement, dans sa quatre-vingt-cinquième année, laissant à tous ceux qui l'ont connu le consolant souvenir d'une vie pure et bien remplie, et aux siens un héritage de nobles traditions qu'ils tiendront à honneur de maintenir et de continuer.


  • 7 juillet 1901

Tentative de suicide à Blâmont
La nommée Marie Henriquel, femme Marchal, 47 ans, ménagère à Blâmont, a tenté de s'empoisonner en absorbant de l'arsenic qui se trouvait dans la maison depuis une vingtaine d'années.
Cette femme, désespérée à la suite d'un procès verbal qui lui avait été dressé pour vol de framboises, s'était levée pendant la nuit et, prenant la bouteille contenant l'arsenic, était allée en boire le contenu dans les champs, au lieudit « le Grand-Jardin ».
C'est là qu'elle a été trouvée, vers six heures du matin, par un ouvrier de fabrique qui se rendait à son travail.
Rapportée à son domicile, la femme Humbert y a reçu les soins de M. le docteur Zimmermann, qui a constaté que la dose d'arsenic n'était pas suffisante pour donner la mort.


  • 1er septembre 1901

Incendie à Blâmont
Le 27 août, à une heure du matin, un incendie, dont les causes sont supposées accidentelles, a détruit un hangar formant cuisine et buanderie appartenant à M. Legay (Jacob), marchand de bestiaux à Blâmont.
Les pertes, estimées à 6.000 francs, sont couvertes par une assurance.


  • 9 septembre 1901


Absence illégale
Le soldat Jean Breyer, âgé de 23 ans, né à Bouxières-aux Dames, du 153e régiment d'infanterie, détaché au fort de Manonviller, trouvé errant à travers champs sur le territoire des communes de Chazelles et Gondrexon, a été arrêté par la gendarmerie de Blâmont et reconduit à son corps.
Ce soldat avait quitté son corps le 25 août sans permission.


  • 2 février 1902

Service d'automobiles Lunéville-Blâmont
Le service public d'automobiles entre Lunéville et Blâmont a été inauguré lundi.
Malgré la grande quantité de neige tombée durant la nuit, le voyagé s'est effectué sans encombre en deux heures.
Le départ a eu lieu de Lunéville à 10 h. 20 ; l'arrivée à Blâment a eu lieu à midi 20.
La musique de Blâmont à exécuté divers morceaux à l'arrivée. Les automobiles étaient décorées de trophées de drapeaux


  • 9 février 1902

- On nous écrit d'autre part de Blâmont :
En 24 heures, près de 200 contribuables de Blâmont, c'est-à dire la presqu'unanimité des propriétaires, ont signé une pétition par laquelle ils réclament contre la répartition qui a été faite sur la contribution de leur cote mobilière.
Ils ne se plaignent pas contre une répartition qui aurait été équitablement établie, mais ils protestent contre cette opération qui dégrève 52 départements du centre et du midi, pour reporter la charge sur 32 autres départements, et impose à Blâmont un surcroît de plus de 2,700 francs. Il n'a pas été tenu compte que les populations de l'Est sont exposées à des charges dont se préoccupent peu ceux qui sont placés dans d'autres conditions de sécurité.
La majorité de nos élus, députés, conseillers généraux et d'arrondissement, auraient dû mieux défendre nos intérêts et faire comprendre que la prospérité représentée par nos logements, n'est plus ce qu'elle était autrefois ; elle est plus apparente que réelle.
Il y a 31 ans, nous avons été faiblement indemnisés de nos pertes matérielles causées par la guerre. Nos élus auraient dû faire valoir que rien n'a été fait pour soulager nos souffrances morales et physiques. Nous avons supporté les pénibles émotions de l'envahissement. Placés à 3 kilomètres de la frontière actuelle, nos relations avec nos proches sont devenues plus difficiles, une bonne partie de nos débouchés agricoles et commerciaux sont anéantis, la plupart de nos industries sont tombées, on émigre vers le centre, Blâmont a perdu pendant cette période le quart de ses habitants.
Nous comptons que les députés que nous allons élire prochainement soutiendront mieux nos intérêts en demandant la révision de cette répartition, qu'ils interviendront près de nos gouvernants pour arrêter l'augmentation des impôts, diminuer les dépenses et entrer franchement dans la voie des économies en réduisant notre énorme dette.
Un groupe de contribuables.


  • 23 mars 1902

Découverte d'un cadavre
Lundi, vers deux heures de l'après-midi, on a trouvé ou lieudit « le Moulin d® Barbezieux », à 3 kilomètres de Barbas et sur le territoire de cette commune, le cadavre d'un individu âgé de 45 à 50 ans, qui a été ensuite reconnu pour être celui d'un Italien atteint d'épilepsie, qui avait été vu quelques jours auparavant à Domèvre sur-Vezouse et à Barbas.
D'après les constatations de M. le docteur Hanriot, de Blâmont, la mort remontait à cinq ou six jours et était due à une congestion.


  • 30 mars1902

Tribunal correctionnel de Lunéville
Blessures par imprudence. - Georges Grandemange, 25 ans, épicier à Blâmont, 50 fr. et 5 fr. d'amende avec sursis.


  • 6 avril 1902

Incendie à Blamont
Le lundi de Pâques, vers quatre heures du matin, un incendie dont la cause est inconnue a éclaté à Blamont dans un bâtiment appartenant à M. Jules Toubhans, négociant, et renfermant des fournitures d'épicerie. Le bâtiment avec tout ce qu'il contenait est devenu la proie des flammes. Les pertes couvertes par l'assurance sont évaluées à une trentaine de mille francs.


  • 5 octobre 1902

Tribunal correctionnel de Lunéville
Abus de confiance. - Jean-Baptiste Depoutot, 53 ans, sans profession à Blâmont, quinze jours de prison avec sursis.
Coups. - Joseph Marchal, 53 ans, manoeuvre à Blâmont, 30 fr. d'amende - Emile Graff, 19 ans, manœuvre à Autrepierre, dix jours de prison avec sursis.


  • 11 janvier 1903

Tribunal correctionnel de Lunéville
Chasse en temps prohibé. - Julien Adam, 31 ans, sans profession à blâment, 50 fr. d'amende.


  • 1er mars 1903

Chemin de fer Blâmont-Cirey
Depuis quelque temps, dit un de nos confrères est arrivé en détachement du régiment des chemins de fer (5e génie, à Versailles), composé de douze sapeurs, commandés par un lieutenant et le capitaine Bois. Leur mission est d'étudier le projet d'une ligne de chemin de fer entre Lunéville et Blâmont
On ne sait encore au juste si cette ligne sera de 1 mètre 44 ou à voie étroite. Les deux versions existent. Il y en a même une troisième, d'après laquelle il s'agirait, non pas de la construction immédiate d'une voie nouvelle, mais simplement d'un tracé de voie qui serait rapidement établie en cas de mobilisation.


  • 29 mars 1903

Fête religieuse à Blâmont
On nous écrit de Blâmont :
Plus la franc-maçonnerie fait rage, plus les hommes de cœur se révoltent contre le despotisme brutal et inique qu'elle veut faire peser sur les épaules réputées libres. Après une semaine de retraite, consacrée par M. l'abbé Florentin, curé de la paroisse, à réfuter éloquemment les objections qui sont faites contre la religion, à en faire ressortir clairement la nécessité et la bienfaisance au triple point de vue de l'homme, de la famille, de la société, la vieille cité lorraine, fière de sa foi et de son glorieux passé, voyait un nombre considérable d'hommes venir, recueillis et dans un ordre parfait, accomplir leur devoir pascal
dimanche 22 mars.
E. S.


  • 10 mai 1903

DEPART DES SOEURS DE BLAMONT
On nous écrit de Blâmont, le 3 courant :
Nos pères pouvaient être fiers d'être Français, en regardant la Colonne : nous ne l'étions pas hier à l'aspect du triste cortège qui gagnait notre gare, première étape de l'exil pour nos sœurs de la Doctrine, ces saintes filles chassées comme des pestiférées, bien que dignes des hommages et de la gratitude de tous.
La République sème à pleines mains les larmes, la haine, l'inquiétude et la ruine : encore un pas sur la pente fatale et elle reprendra sa devise des jours sanglants :
Liberté, Egalité, Fraternité... ou la mort ! Oui! encore un pas, et nous reverrons les atrocités de la Terreur, sans l'excuse et la consolation des illusions généreuses et du patriotisme d'alors.


  • 26 juillet 1903

Sapeur-pompiers
Par décret du 15 juillet, sont nommés aux grades ci-après dans le corps des sapeurs-pompiers du département les personnes dont les noms suivent :
Capitaine de la compagnie à Blâmont, M. Moitrier.
Lieutenants [...] à Blâmont, M. Eugène Campion.
Sous-lieutenants : [...] à Barbas, M. Petit ; à Blâmont, M. Seliquer ;


  • 13 septembre 1903

Le monument Delabbeye
L'inauguration du monument élevé à la mémoire du regretté capitaine de pompiers, Delabbeye, aura lieu à Blâmont, le 27 septembre. Un grand nombre d'officiers de pompiers assisteront à cette cérémonie, qui sera suivie d'une réunion, où sera discutée une question très importante. Il s'agit de la transformation de 1' «Union des pompiers », réservée seulement aux officiers, et qui serait étendue à tous les pompiers, môme non gradés.


  • 4 octobre 1903

Une fête à Blâmont
Dimanche a eu lieu à Blâmont, l'inauguration du buste du capitaine de sapeurs-pompiers Delabbeye, né à Blâmont en 1841, mort en 1891.
L'abondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochaine édition le compte rendu de cette cérémonie.


  • 17 janvier 1904

Chemin de fer de Lunéville à Blâmont
Le 5 janvier, s'est tenue, dans le bureau de M. l'ingénieur des ponts et chaussées, à Lunéville, une réunion à laquelle assistaient MM. Ribierre, Fénal et Bentz, conseillers généraux ; Messier, Moitrier et Viard, conseillers d'arrondissement ; Labourel, maire de Blâmont, et Fort, adjoint au maire de Badonviller.
Il résulte des renseignements donnés par M. 1'ingénieur, que la ligne de Lunéville à Blâmont aurait 30 kilomètres de longueur, et l'embranchement sur Badonviller, 13 ou 14 kilomètres, suivant qu'il aboutirait, soit à Herbéviller ou à Ogéviller.
Un raccordement de 3 kilomètres environ serait établi entre Jolivet et Chanteheux pour relier la ligne d'Einville aux lignes projetées afin d'éviter le passage par Lunéville des trains de marchandises allant d'Einville vers Blâmont ou Badonville et vice versa.
La dépense de construction serait d'environ 2 millions. L'estimation détaillée du trafic, voyageurs et marchandises, montre que les recettes couvriraient largement les frais d'exploitation.
Ou a tout lieu d'espérer que, si les communes intéressées consentent les mêmes sacrifices que les habitants de la région de Toul à Thiaucourt, le Conseil général acceptera de construire les lignes projetées.
Le prix de revient d'un kilomètre serait de 48,000 fr. et le sacrifice à consentir- par les communes toujours pour un kilomètre - de 6,000 fr., soit au total, 280,000 francs environ.


  • 24 janvier 1904

Blâmont. - Plainte a été portée par la nommée Lhote Joséphine, sans profession à Blâmont, pour insultes et menaces proférées contre elle par la femme Henriquel Maria, repasseuse au même lieu.


  • 7 février 1904

Reillon .- La gendarmerie de Blâmont a arrêté, pour outrages à elle proférés, le nommé Joseph-Victor Voinot, âgé de 34 ans, domestique à Reillon.


  • 27 mars 1904

Blamont. - Dimanche après midi, a eu lieu , au milieu d'une affluence considérable et par un temps magnifique, l'inauguration du nouveau stand avec cibles Chevallier

Blâmont. - Un sécateur estimé 4 francs a été dérobé au sieur Pierson, rentier à Blâmont.


  • 17 avril 1904

Conseil général de Meurthe-et-Moselle
Chemin de fer de Lunéville à Blâmant. - Le conseil prend en considération l'avant projet de l'établissement d'une ligne de chemin de fer de Lunéville à Blâmont. La subvention du département serait au plus de 59,000 fr. Les subventions des communes seront versées en principal à la caisse départementale. 2,000 fr. sont accordés pour continuer les études. - Adopté.


  • 29 mai 1904

Tribunal correctionnel de Lunéville
Outrages. - Mallet, 26 ans, journalier à Blâmont.- Six jours.


  • 31 juillet 1904

CANTON DE BLÂMONT
On écrit de Blâmont que la candidature du général Marin rencontre la plus grande faveur dans tout le canton. Les déclarations très nettes et très loyales du général Marin sont accueillies par es électeurs avec la plus grande sympathie.
Quant à M. Bentz, plus il marche et plus, il sent le terrain se dérober sous ses pas.
Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser de sa principale réclame, le futur tramway Lunéville-Blâmont-Badonviller ; nous n'y reviendrons pas.
C'est surtout au point de vue politique son programme devient fantastique A l'entendre, le conseiller sortant est l'homme le plus respectueux des « intérêts religieux »... Mieux encore: il les défend ! Cela vous étonne ? Apprenez donc, ô incrédules! que M. Bentz a fait tout exprès le voyage de Paris pour réclamer le maintien de dix chapelles que M. Combes voulait fermer.
C'est tout de même curieux ! M. Bentz prétend, défendre les « intérêts religieux »... dans son canton, et il défend en même temps un ministère qui combat dans toute la France ces « intérêts religieux ». Arrangez donc ça, si vous pouvez !
Dans ces conversations particulières, M. Béntz renie le ministère. Il n'en est pas moins qu'il est le cornac du Sous-Préfet et son agent dans le canton de Blâmont, comme il est, du reste, l'homme des francs-maçons et des juifs! Il suffit de constater que sa profession de foi est imprimée au journal officiel
Candidat du Bloc et de la Sous-Préfecture, M. Bentz ne saurait être le candidat des libéraux.
Le canton de Blâmont donnera la victoire au plus capable, au plus indépendant, - C'est à dire au général Marin.


  • 24 juillet 1904

Canton de Blâmont
Le général Marin nous communique la profession de foi suivante qu'il vient d'adresser aux électeurs:
« Messieurs les Electeurs,
Je viens solliciter de votre patriotisme le grand honneur de vous représenter au Conseil général.
Ma profession de foi sera celle d'un soldat claire et nette. Je suis et j'ai toujours été républicain libéral. Je veux pour tous la liberté de conscience la plus entière.
Je veux le respect de toutes les croyances religieuses, celui de toutes les opinions politiques, pourvu qu'elles soient sincères et animées du plus pur patriotisme.
Je veux une armée respectée, puissante, car elle est la sauvegarde de notre indépendance.
Je la veux sévèrement soustraite aux influences de la politique qui déprime les consciences, amollit les caractères et sème la division là où l'union est la principale force.
Je veux une magistrature honorée, indépendante, qui rende des arrêts et non des services.
Je veux une agriculture prospère, qui soit l'objet des légitimes préoccupations des pouvoirs publics.
Je veux l'amélioration du sort des déshérités de la fortune, des travailleurs de toutes catégories, aussi bien de ceux des champs que de ceux des villes et des usines, et je soutiendrai toutes les mesures destinées à assurer, en dehors des utopies socialistes, une retraite à leurs vieux jours.
Je veux enfin la disparition d'un régime d'oppression, de délation, en un mot de désorganisation nationale, qui conduira fatalement à leur ruine la France et la République !
Mes chers concitoyens
Après 44 ans de services militaires qui m'ont amené, moi, Enfant du Peuple, presque au sommet de la hiérarchie militaire, je comptais jouir d'un repos bien mérité: mais, blessé dans mes sentiments les plus intimes de patriote et de républicain, je reprends du service pour la défense de la belle devise République: Liberté, Egalité, Fraternité, que foule impudemment aux pieds la coterie jacobine et sectaire qui détient actuellement le pouvoir.
Tout le dévouement, toute l'énergie, toute la conscience que j'ai apportés dans l'accomplissement de mes devoirs militaires, je les apporterai dans la défense des intérêts du canton de Blâmont : j'y suis né; j'y ai vécu jusqu'à mon départ pour l'armée; j'y suis toujours revenu avec bonheur chaque fois que les exigences de ma carrière me l'ont permis, et, revenant m'y fixer, je serai heureux de lui consacrer les dernières années de ma vie.
Patriotes de la frontière, pour la France et pour la Liberté.
Aux urnes ! Pas d'abstentions !
Général Marin,
Commandeur de la Légion d honneur.
Le général Marin n'aura sans doute aucune peine à battre le blocard Bentz, conseiller général sortant, dont le mutisme et l'insignifiance au Conseil général, rivalisent avec ceux de M. Sauce. Le blocard Bentz est soutenu dans le canton de Blâmont par toutes les forces juives et maçonniques ; c'est suffisant... le couler de la façon la plus complète !
Le général Marin né à Blâmont le 26 mars1836 entrait à St Cyr à l'âge de 18 ans. Promu sous lieutenant le 1er octobre 1856, au 12e dragons, il fut détaché comme instructeur de cavalerie à l'Ecole de St-Cyr de 1863 à 1867. Capitaine en 1870, il fit la campagne à l'armée du Rhin avec le 12° dragons et prit part à toutes les batailles livrées sous Metz, notamment à celle de Forbach et à celle de Rezonville, où son régiment chargea contre la brigade allemande qui fit la fameuse charge de « la chevauchée de la mort. » Le capitaine Marin fut prisonnier de guerre à la suite de la reddition de Metz.
Nous retrouvons ce distingué officier comme chef d'escadron au 8e hussards en 1875.
En 1879, à la suite de ses rapports, justement remarqués, sur les manœuvres impériales allemandes qu'il a suivies en 1879, le commandant Marin est appelé à l'état-major de l'armée et nommé secrétaire du comité de la cavalerie; sous la présidence du général de Gallifet.
En 1880. il est à nouveau envoyé en Allemagne pour suivre les manœuvres de cavalerie exécutées aux environs de Cologne.
Lieutenant-colonel en 1884 au 13e dragons, il préside en cette qualité la commission d'examen des sous-officiers proposés pour le grade de sous-lieutenant.
L'année suivante, il était nommé colonel du 6e hussards et cinq ans plus tard était appelé au commandement par intérim de la brigade de cavalerie du 3e corps. En 1891 il était promu général de brigade et maintenu dans ce commandement ; la limite d'âge l'obligea en 1898 à passer au cadre de réserve.
Le général Marin est commandeur de la Légion d'honneur de 1897.
En accédant cette année aux sollicitations pressantes dont il a été l'objet de la part de nombreux électeurs, et en acceptant la candidature au Conseil général, le général Marin a montré, une fois de plus, qu'il était l'homme du devoir. Il représentera dignement à l'assemblée départementale le canton de Blâmont.

M. BENTZ ET LE CHEMIN DE FER DE BLAMONT
Plusieurs électeurs du canton de Blâmont nous demandent si c'est sur les instances de M. Bentz, conseiller général sortant, que l'assemblée départementale a voté le principe de construction du chemin de fer de Lunéville à Blâmont.
Pour répondre à leur curiosité, nous avons compulsé des comptes rendus officiels du
Conseil général depuis que cette question a été mise à l'ordre du jour et voici tout ce que nous avons trouvé :
Le 22 août 1901, M. Florentin, rapporteur, demande qu'on réunisse les fonds nécessaires pour l'étude de l'avant-projet.
M. Bentz. (Pour que l'étude puisse être faite, il est nécessaire que le Conseil général vote le crédit indispensable pour en solder les frais.)
M. Florentin. - Les études doivent être faites par ceux qui demandent la rétrocession et à leurs frais...
M. Bentz. - « Dans ces conditions les études ne pourront jamais être faites. »
M. Florentin conclut en disant que les communes et les particuliers doivent payer les frais d'étude, et ses conclusions sont adoptées par le Conseil sans que M. Bentz s'y oppose,
Le 20 août 1903 le Conseil vote 2,000 francs pour l'étude du tracé.
M. Fénal demande qu'on étudie aussi le prolongement Gerbéviller-Badonviller.
M. Bentz. - « Je ne m'oppose pas à cette proposition, mais je crois pouvoir dire que le génie s'oppose à ce que Badonviller soit relié à Cirey. »
M. de Klopstein s'étonne de cette prétendue interdiction de la part du ministère de la de la guerre.
Aussi grand stratège que brillant orateur, M. Bentz réplique : « Parce que cette ligne créerait un circuit continu qui permettrait de contourner le fort de Manonviller. »
Le Conseil passe outre et vote 1'étude demandée par M. de Klopstein.
Un ingénieur intelligent et actif se met immédiatement à l'œuvre et présente un projet qui est adopté par le Conseil général, sur la proposition de M. Florentin, le 13 avril 1904.
Dans la délibération qui a précédé le vote, M. Bentz, qui était cependant directement intéressé, n'a pas pris la parole.
Voilà maintenant les électeurs de Blâmont édifiés sur cette affaire de chemin de fer. Ils peuvent voir que si la ligne doit être faite, ce n'est guère l'intervention de M. Bentz qui a amené ce résultat.
- Dans les autres questions traitées au Conseil général on n'entend jamais M. Bentz prononcer un mot.
Le sténographe de service.


  • 28 août 1904

Conseil général de Meurthe-et-Moselle
Chemin de fer de Toul à Thiaucourt et de Lunéville à Blâmont. - M. Michaut lit un rapport très détaillé et très circonstancié à ce sujet. Il résulte des renseignements fournis qu'aucun crédit ne sera engagé avant 1906.
Toutefois, le Conseil, d'après les conclusions du rapport, vote à titre de frais d'études un crédit de 8,000 fr. pour le chemin de fer de Lunéville à Blâmont et de 12,000 fr. pour la ligne de Thiaucourt à Toul. Le projet d'emprunt reste donc réservé pour l'an prochain.


  • 2 octobre 1904

Accident à Domèvre-sur-Vezouze
Lé 22 courant, vers 4 heures de l'après-midi , le sieur Joseph Dubas, cultivateur à Domèvre-sur-Vezouze, revenait en voiture avec le sieur Jnin, du même village, quand il vint à glisser de la botte de paille sur laquelle il était assis et tomba dans les traits du cheval de derrière. La roue de la voiture l'atteignit. Janin arrêta aussitôt 1'attelage. Le docteur Poussardin, de Blâmont, appelé, constata que Dubas avait l'épaule gauche fracturée et une côte enfoncée. Il n'a pu se prononcer sur la durée de l'incapacité de travail.


  • 4 décembre 1904

Postes et télégraphes
A partir du 16 décembre prochain, la commune de Reillon, actuellement desservie par le bureau de Blâmont sera rattachée au bureau d'Emberménil.


  • 23 avril 1905

Notariat
L'office de Me Welcker, notaire à Blâmont, arrondissement de Lunéville, est supprimée.


  • 7 mai 1905

Conseil général de Meurthe-et-Moselle
L'ordre du jour appelle un vœu de M. Bentz, de Blâmont, qui demande que les contraventions relevées contre les divagations de chiens ne soient plus justiciables que de la justice de paix. M. de Faultrier appuie le vœu de M. Bentz. - Adopté.

Blâmont. - En se rendant dans son jardin situé au lieudit « Au Pâtis », M. Joseph Marchal, manœuvre, constata que l'écorce de cinq pruniers et de trois pommiers avait été détériorée, à dix centimètres au-dessus du sol à l'aide d'une pioche, ce qui lui cause un préjudice évalué à 25 fr.


  • 26 novembre 1905

Service vicinal
Par arrêté préfectoral, M. Remy, agent-voyer cantonal de 3e classe à Blâmont, est chargé, en la même qualité, de la subdivision de Longwy, en remplacement de M, Pèthe, décédé. M. Hennequin, agent-voyer cantonal de 4e classe à Briey, est nommé à Blâmont, en remplacement de M. Remy.


  • 21 janvier 1906

Blâmont. - Depuis environ un mois les fils de fer qui liaient des centaines de fagots dans la coupe de M. Hefter étaient régulièrement coupés et enlevés. On a fini par mettre la main sur le coupable, un nommé Adolphe Labroche, âgé de 46 ans, sans profession ni domicile, qui se servait des fils en question pour se confectionner des balais avec des branches de bouleau. M. Hefter éprouve un préjudice d'environ 90 fr.


  • 1er juillet 1906

Barbas. - La gendarmerie de Blâmont a ouvert une enquête sur une destruction de plants de betteraves commis au préjudice de M. Hachair Stanislas, cultivateur.


  • 8 juillet 1906

Blâmont. - Un inconnu a pénétré dans un verger appartenant à M. Jean-Baptiste Baudot, retraité, et y a brisé plusieurs arbres fruitiers, causant ainsi un préjudice d'une vingtaine de francs.


  • 26 août 1906

Société de tir de Blâmont
La distribution des prix de la société de tir de Blâmont a eu lieu dimanche à 2 heures, à Blâmont, avec le concours de la musique militaire du 26e , de Nancy, sous la présidence de M. le médecin-inspecteur Benech. Parmi les personnalités présentes, citons le général de Lastours ; M. Bentz, conseiller général ; M. Mazerand, maire de Cirey ; M. le docteur Henriot ; M. Labourel. A 6 h. ½ du soir, un banquet de 200 couverts était servi dans la salle des Fêtes de l'hôtel de ville ; des toasts furent successivement portés par M. le maire de Blâmont, le général de Lastours, MM. Henriot., Bentz, Cordonnier (de Dombasle), et Benech.


  • 9 décembre 1906

Lettre de M. d'Hausen à M. le Préfet
En réponse à la circulaire envoyée par M. le préfet aux représentants légaux des établissements publics du culte, M. d'Hausen, président du conseil de Fabrique de, Blâmont, lui répond par la lettre suivante, que tous les catholiques seront heureux de lire :
« Blâmont, le 5 décembre 1906.
M. le préfet de Meurthe-et-Moselle, à Nancy,
J'ai bien reçu, comme président du bureau des marguilliers de la Fabrique de Blâmont, votre circulaire du 22 novembre, concernant la mise sous séquestre des biens des établissements publics du culte.
Moi et mes collègues nous savons ce que nous avons à faire et vous chercheriez en vain à nous intimider
La loi du 9 décembre 1905 est une de celles par lesquelles la franc-maçonnerie travaille à faire des Français, au lieu d'un peuple d'hommes libres, fiers et croyants, une tourbe d'esclaves sans traditions, sans foi ni loi ; comme citoyens, nous devons la subir, la mort dans l'âme et le rouge au front, mais seulement dans la mesuré permise par notre devoir de catholiques ; rien de plus !
Que M. Viviani et les gens de progrès comme lui trouvent magnifiques l'idéal de brutes et la perspective de néant dont le monde était déjà dégoûté il y a deux mille ans, c'est leur affaire ! Mais nous, catholiques, nous avons mieux, Dieu merci ! et toujours elle chante dans nos cœurs la vieille chanson de l'éternité, cette chanson divine, que tant d'hommes et vous-même, M. le préfet (si ce qu'on m'a dit de vos sentiments, au temps où la République tolérait une âme dans ses fonctionnaires, est bien exact) ont entendue et que tant d'autres voudraient entendre encore et demanderont sans doute à entendre à leur dernière heure.
Votre gouvernement ne veut pas connaître ce qu'il y a de plus grand et de plus respectable au monde : la hiérarchie catholique et ses représentants ; mais nous, catholiques, nous leur restons soumis. Nous avons une conscience et elle nous force, en matière religieuse, à exécuter les ordres du Pape et de nos évêques et tout d'abord celui de ne pas livrer les biens de l'Eglise à ses spoliateurs.
Risquer d'être dépouillés à la fois de la bourse à nous confiée par l'Eglise et de la vie éternelle par elle promise à ses fidèles serviteurs, c'est trop ! Et cependant, vous osez nous le demander. Nous nous y refusons ; il vous sera plus facile de faire des victimes que des apostats.
La loi civile elle-même ne nous oblige pas à remettre à votre fonctionnaire-séquestre les fonds, valeurs, titres, etc., appartenant à la Fabrique.
La loi religieuse nous le défend,
Il faudra les faire prendre, M. le préfet ; vous marquerez ainsi une étape nouvelle de la voie douloureuse sur laquelle votre triste République entraîne la France, la grande et belle France d'antan, hélas ! à la déchéance et à la mort.
D'Hausen. »


  • 14 avril 1907

Chemin de fer Lunéville Blâmont
L'avis favorable du ministère de l'intérieur sur le projet de construction d'un chemin de fer de Lunéville à Blâmont, avec embranchement sur Badonviller, est obtenu et le dossier est remis à examen du ministère des travaux publics.


  • 14 mars 1909

Le feu dans une plantation
Un incendie attribué à l'imprudence a éclaté à Blâmont dans une plantation de M. Lafrogne, propriétaire, qui estime la perte à 200 fr.
Le feu aurait été communiqué par des herbes sèches que brûlait près de là un voisin.-


  • 4 avril 1909

Une maison brûlée
Un incendie a détruit à Blâmont une maison appartenant à M. de Gonneville et occupée par deux locataires. Les dégâts s'élèvent à 8,000 fr. pour le propriétaire et à 2,000 fr. pour les locataires. Il y a assurance.


  • 25 avril 1909

Conseil général de Meurthe-et-Moselle
Le conseil vote pour la gendarmerie de Blâmont les frais nécessaires pour 1a création d'une fosse à fumier.


  • 9 mai 1909

Blâmont. - Un inconnu s'est introduit l'aide dune fausse clef dans un hangar appartenant à M. Jules Toubhans, négociant en épicerie et a dérobé un paquet de 8 kilos de sucre.


  • 18 septembre 1910

Nominations ecclésiastiques
Par décision de Mgr l'Evêque a été nommé : Vicaire à Blâmont, M. l'abbé Royer, précédemment vicaire à Homécourt.


  • 9 octobre 1910

Un crime à Blâmont
A 500 mètres environ de Blâmont, sur la route de Strasbourg, dans un fossé plein d'eau, un facteur en tournée découvrit, lundi matin le cadavre sanglant d'un jeune homme. Une rapide enquête permit bientôt d'établir que le défunt était M. Henri Humilière, fils d'un douanier d'Avricourt.
Le jeune homme, qui était apprenti ferblantier à Lunéville, était venu, dimanche, à bicyclette, à la fête de Blâmont. Il en était reparti vers 9 heures du soir. Fut il tamponné par une automobile ou a-t-il été victime d'un guet-apens ? On ne sait encore. Toujours est-il que la bicyclette a disparu. On n'a, jusqu'à présent, retrouvé que la selle. Le parquet de Lunéville s'est rendu sur les lieux. Dans la région, on croit presque généralement à un crime.


  • 22 septembre 1912

Obsèques du capitaine Desfrères
On nous adresse de Frémonville l'intéressante lettre que voici au sujet des obsèques du capitaine Desfrères :
- Les obsèques du capitaine Desfrères, tué au Maroc - au combat du 19 juin - ont eu lieu samedi, à Frémonville, son village natal, au milieu d'une très nombreuse assistance.
Malgré les manœuvres, un grand nombre d'officiers, et à leur tête le général Varin, avaient tenu à venir rendre un dernier hommage à leur camarade. Le capitaine du ler tirailleurs retraça en un éloquent discours la carrière militaire du capitaine Desfrères. M. le maire de Frémonville, au nom da la municipalité, dit un adieu ému à cet illustre enfant du pays. M. l'abbé Richard, curé d'Herbêviller, et enfant de Frémonville, prononça les paroles suivantes :
« Je ne veux pas laisser fermer cette fosse sans dire à l'ami d'enfance, au frère glorieux, un suprême adieu. Ah ! je comprends l'angoisse qui, devant ce cercueil, brise le cœur de cette mère et de ces sœurs, je m'incline avec respect devant ces larmes d'inexprimable douleur. Et cependant je m'efforce de retenir les miennes, je me reprocherais même, tu me défendrais toi-même, j'en suis sûr, cher capitaine, d'en verser une seule. Aussi bien, sur ce corps tombé glorieusement au champ d'honneur, je ne veux verser que des larmes d'admiration et d'envie. Oui, je t'admire et je t'envie, ô noble ami, et avec toi j'admire tous les soldats et officiers français qui, à l'appel de la Patrie, pour les saintes causes de l'humanité et de la civilisation, pour reculer les frontières da la barbarie, quittent tout ce qu'ils aiment et s'en vont au loin sacrifier leur jeunesse et leur vie.
« Oui, j'admire da toute mon âme, et sur le bord de cette tombe, je m'écrie : « Vive à jamais la France à qui Dieu suscite de tels héros et de tels chefs de héros ! »
« Chers habitants de Frémonville, mes chers compatriotes, gardons avec fierté les dernières paroles de notre illustre concitoyen : « Dites à ma mère, et à mes sœurs que je suis content de mourir en Français lorrain et que je regrette de ne pouvoir mourir en chrétien, c'est-à-dire assisté par un prêtre. » Que ces paroles retentissent au fonds de nos cœurs comme la voix sacrée da la Foi patriotique et de la Foi religieuse.
« Daignent les pouvoirs publics entendre et recueillir l'expression de ce regret, et s'en inspirer pour des mesures opportunes, afin que désormais, s'il est possible, pas un enfant de la France, mourant pour elle, n'ait plus la cruelle douleur d'exprimer un tel regret.
« Adieu, cher ami, que tes restes mortels reposent en paix dans notre cimetière, en attendant la résurrection glorieuse et que Dieu ait ton âme. »
Cette allocution a fait sur l'assistance une profonde impression.
M. le président de la section des Vétérans de Blâmont prononça aussi un vibrant discours patriotique.

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