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Les défenseurs de Blâmont - L. GERMAIN DE MAIDY

Pays Lorrain (1911)
+ Bulletin mensuel de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain (1912)


Le Pays Lorrain. (8e. année, 1911)

Identifications relatives aux guerres de la Ligue

Les Mémoires et les Éphémérides de Michel de La Huguerie sont d'un intérêt de premier ordre pour l'histoire des guerres de religion en Lorraine, à la fin du XVIe siècle mais il s'y trouve quantité de noms de lieux et d'hommes qui n'ont pas encore été suffisamment déterminés. Une preuve de plus en est apportée par le savant travail dont M. Louis Davillé vient de terminer ici-même la publication (1). Nul doute que, malgré ses érudites et minutieuses recherches, il n'ait été souvent arrêté par des questions d'identification qui sont demeurées dans le vague et ne sauraient être élucidée que par les amateurs d'études très spéciales sur les localités ou sur les familles. C'est dire que l'annotation exacte et précise des ouvrages de La Huguerie ne pourra être faite que grâce aux investigations d'un grand nombre de personnes, dont il convient de solliciter le concours.
Sans plus attendre, je crois devoir, au sujet du premier article de M. Davillé, proposer deux compléments d'annotation, ou, mieux, les exposer l'examen des lecteurs compétents.

I. A propos des défenseurs de Blâmont en 1587, M.. Davillé dit en note «  L'éditeur de La Huguerie parait s'être trompé en nommant J.-J. Kieder, chatelain de Richecourt » (2).
D'abord, au lieu de Richecourt, il faut certainement lire Réchicourt (3).
On lit dans le Nobiliaire de Lorraine par Dom Pelletier «  Jean-Jaques Kieder fit abjuration du luthéranisme et rendit de grands services à son prince (le duc de Lorraine), et notamment en 1587 à Blâmont, qu'il défendit si vigoureusement contre les hérétiques, qui les obligea à lever le siège (4) »
Mais dom Pelletier; ou ceux qui lui ont communiqué des renseignements, n'ont-ils pas confondu, touchant la défense de Blâmont, Jean-Jacques avec son père dont le rôle est mieux attesté.
Jean-Jacques et ses frères, dit le même dom Pelletier, «  furent confirmés nobles par lettres du duc Antoine (lire Henry) données à Nancy le 26 mars 1616 et ces lettres portent «  qu'ils sont tous fils de Thomas Kieder, châtelain au comté de Richecourt (5), qui a servi en 1587 (6) au passage de la grande armée qui assiégea la ville de Blâmont et en brûla les fauxbourgs, et depuis le Cardinal de Lorraine (7) ès guerres de ses évêchés de Strasbourg et de Metz (8) », etc.
L'événement est rappelé dans d'autres documents postérieurs. Les lettres de gentillesse (9), puis, de baron (10), dit Henri Lepage, accordées â des membres de la famille Kieder, rectifient un fait diversement rapporté par nos historiens. On y lit qu'un de leurs ancêtres, Thomas, «  ayant quitté la Franconie, sa patrie, pour venir au service des comtes de Linange et de Réchicourt, et duquel ayant passé à celui du duc Charles III, il y signala son courage et sa valeur, notamment en l'année 1587, temps auquel les protestants d'Allemagne ayant assiégé la ville de Blâmont, il se jeta dans cette place avec son petit corps de troupes et y fit une si vigoureuse résistance, que l'armée des protestants, après plusieurs efforts inutiles, fut contrainte de lever honteusement le siège (11) ».

Devons-nous conclure de là que le principal défenseur de Blâmont en 1587 a été Thomas Kieder et non Mathias Klopstein ? La question est assez importante, et je ne tenterai pas de l'élucider ici. J'ajouterai pourtant que, dans l'article consacré à cette famille par dom Pelletier, l'auteur parle d'un siège-soutenu à Blâmont par un Klopstein ; mais il ne s'agit nullement de Mathias et de l'invasion de 1587 ; c'est son second fils, Jean que nous voyons entrer en scène, sous l'année fatale 1636.
«  Jean Klopstein, dit dom Pelletier, s'acquit de la réputation dans les armes : Il fut connu sous le nom du capitaine Klopstein, et fut gouverneur des ville et château de Blâmont. Il brûla les fauxbourgs de cette ville en 1636, à l'approche de l'armée de Suède, commandée par le duc Bernard de Saxe-Weimar, et se retira dans le château, où il fit bonne contenance aux ennemis. En 1638, il fut attaqué de nouveau par l'armée françoise dont il soutint plusieurs assauts mais, forcé, par la multitude, il se retrancha avec le reste de sa troupe sur le pont levis du corps de la place, où il répandit courageusement son sang pour le bien de: la patrie et la gloire de son prince (12). »
Il y aurait donc lieu de revoir à nouveau les textes et documents qui se rapportent à Mathias Klopstein ainsi qu'à sa participation à la défense de Blâmont en 1587, ou du moins à l'importance de cette participation.

II. A la même défense se trouva, dit M. Davillé «  le capitaine des Poignantes » avec sa compagnie ; dans un document d'archives, il est appelé Poignant (13). Je suis tout à fait disposé à croire qu'il s'agit d'un membre de la famille Le Pougnant, dont le nom parait avoir beaucoup varié (Pougnant, le Poignant, le Pougnant, des Pougnants, etc.). Cette famille:était originaire de Saint-Mihiel et fut anoblie en 1555 ; le nom est écrit par dom Pelletier en, tête de l'article qui s'y rapporte: LEPOIGNANT ou LEPOUGNANT (14).
L'anobli, Jean, avocat en la Cour de Saint-Mihiel, fut père de Jean II, dont l'un des fils est appelé par dom Pelletier. «  Philippe le Poignant, capitaine... » ; il épousa Louise de Beaufort et en eut plusieurs enfants. Dumont précise que l'aîné naquit en 1589 (15).
On voit que ce personnage pourrait être le «  capitaine des Poignantes », dont les chroniques ou les documents indiquent la présence à Blâmont en 1587 (16),

L. GERMAIN DE MAYDY

(1) L. DAVILLÉ, Les ravages de la Lorraine pendant la Ligue,dans Le Pays Lorrain 1911, p. 7 et suiv.
(2) DAVILLÉ, 1. c., p. 10, note 9.
(3) Rechicourt-le-Château, anc. Meurthe, :arr. de Sarrebourg ; ch..1. de canton.
(4) Dom PELLETIER, Nobiliaire de Lorraine, p. 422
(5) Lire Réchicourt.
(6) C'est à dire : lors du passage.
(7) Le fils du duc Charles III.
(8) Dom PELLETIER. o. c., p. 422.
(9) Du 2 juillet 1708.
(10) Du 4 mai 1726.
(11) H. LEPAGE et L. GERMAIN, Complément au Nobiliaire de Lorraine, p. VI.
(12) Ibidem, p. 425
(13) Davillé, l. c., p. 10 et note 10
(14) Dom PELLETIER, o. c., p. 477.
(15) DUMONT, Nobiliaire de Saint-Mihiel, t. I, p. 119.
(16) C'est par inadvertance, sans doute, que, dans son second article (p. 70), M. Davillé donne au seigneur d'Haussonville le titre de comte ; ce titre n'a jamais, que je sache, été porté par la famille. Les seigneurs d'Haussonville, ainsi que généralement les grands feudataires de Lorraine et Barrois, prirent, au XVI siècle, la qualité de baron et l'attachèrent comme un titre à leur-terre principale. C'est seulement vers le commencement du XVIIIe. siècle, que la famille de Cléron, ayant hérité de la baronnie, prit le titre de comte d'Haussonville. Je n'ai pas connaissance d'une création légale de cette terre en comté.


Bulletin mensuel de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain
2e Série, Tome XII - 1912

Le défenseur de Blâmont en 1587.

Notre confrère M. l'abbé Chatton vient de publier un important travail sur l'itinéraire de reîtres en Lorraine (1); il s'est attaché à identifier un grand nombre de localités dont les récits de l'époque ont dénaturé les noms, et il parait y être généralement parvenu d'une manière heureuse; il a fait de même pour plusieurs personnages désignés d'une façon inexacte ou seulement par des noms de terres.
Je crois pourtant qu'à propos de la défense de Blâmont (2), l'auteur n'a pas tenu compte suffisamment de la note que j'ai fait paraître dans Le Pays lorrain, au mois de mars de l'année passée (3) peut-être l'a-t-il connu trop tard pour s'en servir facilement : il n'aurait pas dû négliger les textes que je cite et j'estime qu'il convient de les reproduire ici.

D'après les annotateurs de La Huguerie, dit M. Chatton, le chef de la défense de Blâmont serait Jean-Jacques Kiecler. Or, il semble, ai-je fait remarquer, qu'il y a là une erreur de prénoms, résultant d'un passage du Nobiliaire de dom Pelletier où il est dit «  Jean-Jacques Kiecler fit abjuration du luthéranisme et rendit de grands services à son prince (le duc de Lorraine), et notamment en 1587, à Blâmont, qu'il deffendit si vigoureusement contre les hérétiques, qu'il les obligea de lever le siège (4). » Mais dom Pelletier, ou ceux qui lui ont envoyé des renseignements, a probablement confondu, touchant cet acte guerrier, Jean-Jacques avec son père, dont le rôle est attesté par un document authentique, postérieur de moins de trente ans. En effet, Jean-Jacques et ses frères furent confirmés dans leur noblesse par lettres patentes du duc Henri, données à Nancy le 26 mars 1616, et ces lettres portent «  qu'ils sont tous fils de Thomas Kiecler, châtelain au comté de Richecourt (5), qui a servi en 1587 au passage (6) de la grande armée d'Allemagne qui assiégea la ville de Blâmont et en brûla les faubourgs, et depuis le cardinal de Lorraine (7) ès guerres de ses évêchés de Strasbourg et de Metz (8) », etc.

Le même événement est encore rappelé dans des documents plus récents «  Les lettres de gentillesse (9), puis de baron (10), dit Henri Lepage, accordées à des membres de la famille Kiecler, rectifient un fait diversement rapporté par nos historiens. On y lit qu'un de leurs ancêtres, Thomas, «  ayant quitté la Franconie, sa patrie, pour venir au service des comtes de Linange et de Réchicourt, et duquel ayant passé à celui du duc Charles III, il y signala son courage et sa valeur, notamment en l'année 1587, temps auquel les protestants d'Allemagne ayant assiégé la ville de Blâmont, il se jeta dans cette place avec un petit corps de troupes et y fit une si vigoureuse résistance, que l'armée des protestants, après plusieurs efforts inutiles, fut contrainte de lever honteusement le siège (11). »

D'après cela, il me semble impossible de mettre en doute que Thomas Kiecler a été le défenseur principal, ou du moins l'un des défenseurs principaux de Blâmont : les éloges donnés dans les lettres patentes relatives à des privilèges exagèrent quelquefois les services des bénéficiaires ; il se pourrait que les ducs aient attribué d'une manière trop exclusive à Thomas Kiecler le mérite de la défense de Blâmont à côté de lui, on devrait sans doute placer le héros évoqué par d'autres auteurs et que je crois être le capitaine Philippe Le Poignant (ou Lepougnan) mais l'importance du rôle de ce dernier me paraît moins bien établie qu'il n'est fait pour Thomas Kiecler (12).

L. GERMAIN DE MAIDY.

(1) Abbé Edmond CHATTON, Itinéraire et ravages des reîtres en Lorraine sous la conduite du duc de Bouillon (1587), dans M.S.A.L.,
1911, p. 177-308.
(2) Ibidem, p. 209.
(3) Le Pays lorrain et le Pays messin, 1911, p. 186-187. L'épreuve de cet article ne m'a pas été communiquée et partout, au lieu de Kiecler, on a imprimé Kieder. Il est surprenant que M. Chatton n'ait pas reconnu là une faute typographique : si j'avais cru cette dernière forme préférable, je l'aurais dit, et j'en aurais donné les raisons.
(4) Dom PELLETIER, Nobiliaire, P. 422.
(5) Réchicourt, anc. Meurthe, arr. de Sarrebourg chef-lieu de canton
(6) C'est-à-dire: lors du passage.
(7) Le fils du duc Charles III.
(8) Dom PELLETIER, o. c., p..422
(9) Du 2 juillet 1708.
(10) Du 4 mai 1726.
(11) H. LEPAGE et L. GERMAIN, Complément au Nobiliaire de Lorraine, p. VI.
(12) Que l'on me permette de renvoyer à ma note du Pays lorrain pour ce qui concerne le capitaine Le Poignant et Mathias Klopstein.

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