|
Mémorial du Comité
central d'assistance aux prisonniers de guerre et de ses comités
locaux
Les amis du CCAPG
Éd. Sauvion et Lelièvre (Paris), 1948
Délégation de la Meurthe-et-Moselle
M. le Président Brun, Délégué Départemental
Le Comité Central d'Assistance aux Prisonniers de Guerre en
Meurthe- et -Moselle
Créée au début de l’année 1941 et placée sous la direction de M.
Henry Brun, président de la Société Industrielle de l’Est, la
Délégation du Comité Central d'Assistance aux Prisonniers de
Guerre en Meurthe-et-Moselle groupait :
3 Comités d'Arrondissement,
15 Comités Cantonaux,
ces derniers desservant 430 communes.
142 localités n’étant rattachées à aucun organisme cantonal
avaient leur Comité indépendant et venaient s’approvisionner
directement à Nancy.
L’effectif qui dépassait 18.000 prisonniers en 1941 était encore
assez important au mois de juillet 1944 puisque 15.165 restaient
inscrits sur les contrôles de la Délégation de
Meurthe-et-Moselle.
Les Comités locaux étaient placés sous l’autorité du Maire de la
Commune qui, s’il n’assumait pas lui-même les fonctions de
Président, déléguait ses pouvoirs à une personne qui lui rendait
compte de sa gestion.
Un recensement général des prisonniers du département permettait
l'établissement rapide d’un fichier portant tous les
renseignements relatifs à ces derniers. Un second fichier,
réservé aux nécessiteux de la ville de Nancy, contenait les noms
des 900 prisonniers de guerre qui allaient être secourus
gratuitement. Chaque envoi y était mentionné et les « accusé de
réception » classés au fur et à mesure de leur arrivée.
Un service social s’occupait spécialement de la correspondance
avec les hommes de confiance, ceci afin de dépister ceux qui,
dans les camps, recevaient peu ou pas de colis, et de leur venir
par la suite en aide d’une façon plus suivie.
Indépendamment des vivres qui étaient fournis par les soins du
Comité Central d'Assistance, la Délégation de Meurthe-et-Moselle
a pu se procurer directement, auprès de plusieurs fabricants de
la région, des conserves alimentaires destinées à améliorer, en
les rendant plus copieux, les colis mensuels.
D’autre part, par l'intermédiaire de la Société Industrielle de
l’Est, et mettant à profit ses multiples relations dans le monde
commercial de la région, de nombreux effets vestimentaires,
chemises, caleçons, chaussettes, purent être distribués aux
familles de prisonniers par les soins de la Délégation
départementale.
Mais le rôle du Comité d’Assistance était loin d’être celui d’un
épicier répartiteur qui, chaque mois, pour une somme variable,
livrerait aux familles de prisonniers de guerre un colis plus ou
moins important.
Dès le début, les dirigeants des Comités locaux ont montré
qu’ils entendaient faire de ces derniers autre chose qu’une
coopérative, et chacun voulut donner le maximum dans le domaine
de la bienfaisance. Que d'efforts, que de démarches, que de
fatigue, que d'ingéniosité déployée pour se procurer les
ressources nécessaires !
A Nancy, la municipalité faisait voter, en 1942, un premier
crédit de 200.000 francs pour aider les familles nécessiteuses
dans l’envoi du colis mensuel. Ce geste généreux qui, par la
suite fut renouvelé, a permis d'envoyer pour 406.128 francs de
colis gratuits offerts par la ville. Les Comités de Longwy,
Longuyon, Homéccurt, Pont-St-Vincent, avec des kermesses
organisées d'une façon magistrale, obtenaient de magnifiques
succès. Dans les communes de plus faible importance, séances
récréatives, ventes aux enchères, tombolas, etc. se succédaient
dans une véritable union qui réunissait tous ceux qui n’avaient
qu'un but : « Faire le Bien en aidant les familles des absents
».
On peut dire aujourd'hui avec fierté qu'il n’est pas un
prisonnier de ce département qui ait été privé de son colis
mensuel parce que l’achat de ce dernier aurait constitué une
gêne pour le budget familial. En effet, partout, et chaque fois
que cela a été nécessaire, les familles furent aidées
pécuniairement, soit par une participation au prix d’achat du
colis, colis demi-gratuit, ou, le plus souvent, complètement
gratuit.
Mais le colis mensuel n'était pas tout, et sans qu’il fût pour
cela besoin d’indiquer à chacun ce qui était à faire au sein
d’un Comité, des initiatives généreuses partout se
multipliaient.
Ici c’est un Comité qui assurait le chauffage gratuit aux
familles de prisonniers, ailleurs, la provision de pommes de
terre de l’hiver était fournie gratuitement.
La fabrication des conserves familiales était rendue possible
par des dons de volailles et de viande de porc. Un des Comités
s’occupait d'habiller les enfants à l'occasion de la première
communion.
Il faut mentionner également les démarches entreprises pour
faire obtenir satisfaction aux épouses ou aux vieux parents, en
ce qui concerne les allocations militaires, ainsi que pour
guider ces derniers dans toutes leurs réclamations, quand
celles-ci étaient fondées.
Inutile de dire ici que les enfants de prisonniers ne furent pas
oubliés. Aux fêtes de fin d’année, arbres de Noël, distributions
de jouets et de friandises, séances récréatives furent
organisées, qui ne purent, certes, faire oublier celui qui était
retenu loin de son pays et dont l’absence, à ces moments de
réunions familiales, se faisait encore plus durement sentir.
D’autre part, les services sociaux des Comités d'Assistance ont
distribué aux familles de prisonniers de guerre qui se
trouvaient dans le besoin des secours se montant à 13.342.444
francs.
Enfin, actuellement, un Comité de Secours aux Anciens
Prisonniers de Guerre du département de Meurthe-et-Moselle a été
également fondé par les soins de la Délégation. Doté d'un
premier crédit de 500.000 francs, il doit servir à venir en aide
aux anciens prisonniers malades ou à leurs familles, lorsqu'un
traitement par la pénicilline serait susceptible d’apporter une
amélioration dans leur état.
Tel est, résumé très brièvement, le bilan de l'activité du
Comité d'Assistance en Meurthe-et-Moselle.
Pour couronner ces cinq années passées au service des
prisonniers, la Délégation départementale eut la joie, en
recevant ces derniers lors de leur retour de captivité, de
remettre à chacun d’eux ainsi qu’aux déportés et requis un
dernier mais superbe colis de 5 kilos.
En plus de ce colis, chaque Comité a tenu à offrir à chaque
prisonnier rentrant une prime d’accueil dont le montant, pour le
département, forme un total de 4.925.291 francs.
Les quelques chiffres donnés ci-dessous, montreront mieux qu’un
long exposé ce qui a été fait en Meurthe-et-Moselle :
Nombre de prisonniers de guerre adoptés : 4.093.
Nombre de colis payants : 493.712.
Nombre de colis gratuits : 240.199.
Valeur des colis gratuits : 25.576.855 francs.
Valeur des lainages: 1.736.511 francs.
Versements à titre de primes d'Accueil : 4.925,291 francs.
Contribution au Livret de Pécule : 12.997.458 francs.
Secours distribués aux familles de prisonniers de guerre :
13.342.444 francs plus 500.000 francs pour la pénicilline =
13.842.444 francs.
Montant total de la contribution fournie en Meurthe-et-Moselle
en faveur des prisonniers : 59.078.559 francs.
Nancy, 7 janvier 1946.
Meurthe-et-Moselle
Renseignements reçus directement de quelques
Comités. Les plus importants, tels que ceux de Lunéville (1.075
prisonniers) et Toul (800 prisonniers), n'ont pas répondu au
questionnaire qui a permis de dresser un tableau fragmentaire
très incomplet de l’ordre de grandeur de l'effort déployé et des
résultats obtenus par les Comités d'Assistance aux Prisonniers
de Guerre du département.
[...]
AVRICOURT
18 prisonniers
Comité de 10 Membres
Président : M. A. RIETSCH
Colis gratuits .. Frs. 70 205. »
Livrets de P. G. » 24.693. »
Divers » 8.500.»
Total » 103.398. »
[...]
BLAMONT
70 prisonniers
Comité de 10 Membres
Président : M. J. CROUZIER
Colis gratuits .. Frs. 165 000. »
Livrets de P. G. » 143.000. »
Divers » 20.000. » .
Total » 328.000. » |