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La Semaine Religieuse du Diocèse de Nancy & de Toul
Ed. Nancy

- 1890 -


3 avril 1890 - n° 14 - p. 273
DIOCESE
ACTES OFFICIELS
Nominations.

Par décision de Monseigneur ont été nommés :
Curé d'Amenoncourt, M. l'abbé BLUMSTEIN, précédemment curé de Leintry ;
[...]


19 avril 1890 - n° 16 - p. 309
Cinquantième anniversaire de Profession religieuse.
On nous écrit de Cirey :
«  Lundi à 9 heures, une assistance nombreuse et recueillie se pressait dans notre église, ornée comme aux jours des plus grandes solennités ; les cloches joyeuses, les chants sacrés, les lumières, l'or et les fleurs, tout indiquait une Cérémonie extraordinaire.
« Il s'agissait, en effet, de célébrer le cinquantième anniversaire de Profession religieuse d'une humble et modeste Soeur de la Doctrine chrétienne, Soeur Berthilie qui, depuis un demi-siècle, dépense ses forces et sa vie au soin des malades et au soulagement des pauvres. Occupée d'abord exclusivement des blessés de l'usine Chevandier à la verrerie de Saint-Quirin, elle vint à Cirey en 1844, lorsque l'usine y fut transférée. Ici, tout en donnant toujours la plus large part de ses soins et de son coeur aux ouvriers de la manufacture de glaces, la bonne Soeur embrassa dans sa charité tous les malheureux et tous les affligés de la localité: elle fut donc, dans l'acception la plus complète du mot, la chère Soeur des Malades, que tout le monde avait le droit de consulter, d'appeler, à qui chacun demandait ses soins, son dévouement. Et la sainte fille allait, sans compter avec ses forces, recommençant chaque jour les oeuvres de la veille, y portant une ferveur ravivée dans l'union croissante avec son Dieu.
«  Intermédiaire entre le riche et le pauvre, honorée de la confiance de tous, traitant chacun avec une égalité de sentiments et de procédés qui n'appartient qu'à l'âme simple et humble, Soeur Berthilie apparut constamment comme la personnification de la bonté et de l'oubli complet de soi-même.
« La sainte fille, qui comptait ses années religieuses par le nombre centuplé de ses actions de grâces, put saluer celle où les unions saintes et heureuses se resserrent et demandent au Ciel de nouvelles et plus fortes bénédictions. Fidèle à l'Epoux de son âme, Soeur Berthilie songeait sérieusement à lui donner un nouveau témoignage du bonheur que, depuis cinquante ans, elle goûte à son service. Mais, dans sa modestie, elle ne rêvait qu'une fête intime, dont le secret ne sortît pas du cercle de sa famille religieuse.
«  Mais Dieu se plaît à exalter les humbles, et ceux que l'Esprit-Saint anime de son souffle savent concourir aux desseins de leur divin Inspirateur. Monsieur le Curé de Cirey, digne interprète de la reconnaissance de tous ses paroissiens, avait préparé à la bonne Soeur Berthilie les plus saintes émotions, dans l'imposante solennité qu'il donna à la rénovation de ses saints engagements. L'éclat de cette fête, où tous les coeurs étaient à l'unisson, fut rehaussée encore par la présence de tous les Maîtres et Chefs de l'usine, de M. le Maire et de son Conseil. Une quarantaine de Religieuses des environs étaient accourues pour fêter leur vénérable Soeur, et la Révérende Mère Générale, empêchée d'assister elle-même à la cérémonie, avait envoyé de Nancy une députation de quatre religieuses, dont deux de ses Assistantes.
Dans une allocution touchante, le Révérend Père Dru, oblat de Marie, développa ces deux pensées : «  La plus grande preuve d'amour qu'une âme puisse donner à Dieu, c'est de se consacrer à lui dans la vie religieuse. »
«  Ceux-là seuls qui ont été appelés, qui ont trouvé et goûté le centuple promis, peuvent comprendre, dans toute leur étendue, ces grandes et sublimes vérités.
«  Au-moment de recevoir Notre-Seigneur dans la sainte Communion, Soeur Berthilie prononça d'une voix émue la formule de rénovation de ses voeux, Et quelques instants après, la bénédiction du Saint-Sacrement, suivie du Te Deum, clôturait cette fête religieuse en faisant monter jusqu'au Ciel la joie, l'action de grâces et l'espérance de tous les Coeurs.
«  Les chants ont été exécutés par les jeunes filles de l'orphelinat, fondé et soutenu par la charité de Madame Chevandier, si dévouée à toutes les bonnes oeuvres. Les accents de ces voix pieuses portaient au recueillement, on même temps que les sons harmonieux de notre bel orgue ravissaient tous les assistants et portaient bien haut leurs sentiments et leurs pensées.
«  Le plus chaud et reconnaissant merci à tous ceux qui ont bien voulu contribuer à la pompe d'une fête qui a été, non la fête d'une famille seulement, mais celle de toutes les familles de le paroisse de Cirey : que le souvenir de nos religieuses émotions, en nous redisant l'empire et le mérite de la charité et de la vertu, nous porte à l'accomplissement le plus généreux de tous nos devoirs ! ».


7 juin 1890 - n° 23 - p. 444
Dons faits en faveur de l'église Saint-Joseph
(9e Liste)
[...] M. le Curé-Doyen de Blâmont, 30 fr. [...]


14 juin 1890 - n° 24 - p. 471
Necrologie.
Nous recommandons aux prières de nos lecteurs l'âme du R. P. Joseph Simonin, S.-J., décédé a Douai, le 5 juin dernier.
Né à Blâmont en 1826, il fut ordonné prêtre à Nancy, et il exerça pendant quelques années le saint ministère dans la paroisse Saint-Nicolas, où il avait été nommé vicaire.
Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1854.


9 août 1890 - n° 32 - p. 623
DIOCESE.
ACTES OFFICIELS.
Nominations.
Par décision de Monseigneur l'Evêque, ont été nommés:
[...] Curé de Leintrey, M. l'abbé MATHIEU, précédemment curé d'Einvaux ; [...]


9 août 1890 - n° 32 - p. 625
Les prétendues révélations de Loigny.
Pendant la retraite ecclésiastique, Monseigneur a parlé au clergé des prétendues révélations de Mathilde Marchat, des Annales de Loigny et de brochures publiées sous l'inspiration de cette prétendue voyante. Il a rappelé que ces révélations avaient été condamnées par Monseigneur l'Evêque de Chartres et que cette condamnation a été confirmée par la Congrégation du S. Office. Il a démontré par des citations que Mathilde Marchat et ses complices donnent contre l'autorité ecclésiastique et contre le Pape lui-même l'exemple de la révolte et de l'outrage, et que ces prétendues révélations et ces publications contiennent des absurdités.
La S. Congrégation de l'index vient de condamner les ouvrages suivants par des décrets approuvés par le Souverain Pontife :
Les Annales de Loigny, paraissant, le 1er Vendredi de chaque mois.
S'adresser à M. Glénard, à Loigny, par Orgères (Eure-et-Loir), Secrétaire de l'oeuvre du Sacré-Coeur de Jésus-Pénitent de Loigny.
Decr, S. Off. Fer IV, die 11 Junii 1890. »
La vérité sur les condamnations qui frappent Mathilde Marchal (Marie-Geneviève du Sacré-Coeur de Jésus-Pénitent) à Loigny au diocèse de Chartres et les partisans de ses révélations.
St-Malo. Imp. du Commerce, Y. Billois, 8, rue RobertSurcouf, 1889.
Eod. Decr. »
La question de Loigny au 28 Février 1890.
Nécessité pour tous d'un appel à Sa Sainteté Léon XIII.
Saint-Malo, Imp. du Commerce, Y. Billois, rue Robert Surcouf, 1890.
Eod. Decr. »
Il est donc absolument certain qu'un catholique ne peut, sans commettre un péché grave, non seulement propager ces prétendues révélations et ces publications, mais même y adhérer intérieurement. Le silence respectueux des jansénistes n'est pas une soumission.
Il en est de même d'autres prétendues révélations qu'on essaie de répandre dans ce diocèse et dans la France entière et que l'autorité ecclésiastique n'a point approuvées ou qu'elle a combattues et condamnées.
Ceux qui se laissant entraîner par leur crédulité oublient ou méprisent les règles établies par l'Eglise dans ces matières si importantes ne peuvent aboutir à tous égards qu'à des résultats déplorables dont ils portent la grave et souvent la très grave responsabilité,


16 août 1890 - n° 33 - p. 645
Paroisse Saint-Joseph.
Dons faits en faveur de l'église. (18e LISTE.)
[...] Mme Mathis de Grandseille, à Blâmont, 100 fr. [...]


23 août 1890 - n° 34 - p. 664
Pèlerinage lorrain à N.-D. de Lourdes.
(Groupe diocésain de Nancy.)
Souscription en faveur des malades pauvres. - (7e Iiste.)
[...] M. l'abbé Xaé, curé de Nonhigny, 7 fr. [...]


6 septembre 1890 - n° 36 - p. 708
M. l'abbé Ferrand.
Nous recommandons aux prières de nos lecteurs l'âme de M. l'abbé A. FERRAND, pieusement décédé le 29 août, à Saint-Martin.
Né en 1867, M. Ferrand a été ordonné prêtre en 1881. Après avoir été un an précepteur, il a été successivement vicaire à Baccarat, aumônier-adjoint à Maréville, vicaire à la Cathédrale de Toul, curé de Froville et depuis 1888, curé de Saint-Martin où il vient de mourir.
M. Ferrand était un prêtre d'une grande régularité, d'une tenue soignée, d'un caractère doux, d'une piété vive et sensible, mais d'une santé délicate. En 1887, il a été obligé de se retirer dans sa famille pour recouvrer quelques forces qui s'épuisèrent rapidement. Venu à Nancy, il y a un mois pour la Retraite ecclésiastique, il dût quitter ses confrères ; son état de faiblesse ne lui permit pas de suivre avec eux les saints exercices. A son retour dans sa paroisse il reprit avec peine les travaux de son ministère. Enfin après trois jours de maladie aigüe, il s'est vu mourir et a pieusement rendu son âme à Dieu.
M. Ferrand était membre de l'Association de Prières pour les Prêtres défunts.


20 septembre 1890 - n° 38 - p. 746
Pèlerinage lorrain à N.-D. de Lourdes. (Groupe diocésain de Nancy)
Souscriptions en faveur des malades (9e Liste).
[...]Envoi de [...] Mlle Geoffroy, de Nonhigny, 10 fr. [...]


4 octobre 1890 - n° 40 - p. 787
NÉCROLOGIE
M. l'abbé Gondrexon.

Nous recommandons aux prières de nos lecteurs l'âme de M. l'abbé C.-M.-H. GONDREXON, pieusement décédé à la Maison des Prêtres-Auxiliaires, le mercredi 1er octobre, à l'âge de 64 ans.
Né à Nonhigny en 1826, M. Gondrexon a été ordonné prêtre en 1850.
Aussitôt après son ordination il fut envoyé comme professeur à l'Institut des Frères de la Doctrine chrétienne de Vézelise.
Il fut ensuite professeur à la Malgrange, Supérieur du Collège de Blâmont, 1863, Curé de Flavigny-s.-Moselle, 1870, de Saint-Nicolas du-Port en 1876 et enfin membre de la Communauté des Prêtres-Auxiliaires en 1886.
C'est dans ce dernier poste, qu'après une maladie de 3 jours M. Gondrexon, qui avait eu de véritables succès comme prédicateur, a rendu son âme à Dieu.
M. Gondrexon était membre de l' Association de prières pour les prêtres défunts.


11 octobre 1890 - n° 41 - p. 805
NÉCROLOGIE.
Monsieur l'abbé Gondrexon.

La Maison des Prêtres-Auxiliaires vient de faire une perte bien sensible dans la personne de Monsieur l'abbé Gondrexon, dont la Semaine n'a pu qu'annoncer la mort dans son numéro de samedi dernier. Le clergé du diocèse a appris avec un étonnement douloureux la fin rapide de ce prêtre justement estimé, qui, après avoir rempli, pendant le cours de sa vie sacerdotale, plusieurs fonctions importantes, consacrait, avec beaucoup de zèle et de succès, le reste de ses forces à l'oeuvre des Missions diocésaines.
Monsieur Gondrexon était né à Nonhigny, le 13 août 1826. Il appartenait à la même honorable famille dont était issu déjà un prêtre du même nom, le vénérable M. Gondrexon qui, jusqu'à sa mort, porta le titre de supérieur des Frères de la Doctrine chrétienne, actuellement dits de Saint-Charles.
M. Gondrexon fit ses études, partie au collège de Blâmont, dirigé alors par M. Marsal, partie au Petit-Séminaire de Pont-à- Mousson.
La solidité de son jugement, son amour du travail, son esprit facilement ouvert à toutes les questions lui valurent des succès plus qu'ordinaires, en même temps que sa franchise et sa gaieté un peu brusque lui conciliaient l'affection de ses condisciples. Aussitôt, après sa prêtrise en 1850, il fut envoyé près de son cousin, à Vézelise, où les Frères de la Doctrine Chrétienne s'étaient transportés, en quittant Sion, leur premier asile. Ils avaient établi, à côté de leur noviciat, dans les bâtiments de l'ancien couvent des Capucins, que leur avait cédés Dom Fréchard, un collège destiné aux enfants des campagnes environnantes. M. Gondrexon y professa avec succès pendant une dizaine d'années, tout en secondant son cousin dans l'administration spirituelle de la Communauté.
Pendant les années classiques 1861-62 et 1862-63, nous trouvons M. Gondrexon professeur de troisième au Collège de la Malgrange.
En 1863, Mgr Lavigerie l'appela à la direction du Collège de Blâmont, et l'installa solennellement, comme supérieur, à la cérémonie de la distribution de prix. Il lui donna comme collègue, sur sa demande, M. Georges qui avait été déjà son collaborateur dévoué à Vézelise, et qui est mort, depuis, aumônier de la Visitation.
M. Gondrexon devait être le dernier supérieur de ce Collège qui avait compté de bien beaux jours et rendu de grands services au pays et au diocèse, en formant nombre de bons chrétiens et fournissant chaque année au Grand-Séminaire d'importantes recrues. Le grand Etablissement de Lunéville s'était fondé, et il était difficile d'entretenir à si peu de distance deux institutions dont le but et le caractère étaient les mêmes. Aussi l'administration diocésaine crut-elle devoir fermer le Collège de Blâmont C'était en 1870. Après avoir supporté, dans une maison à moitié dépouillée déjà de son matériel, le choc de l'invasion, M. Gondrexon fut nommé curé de Flavigny, où il devait, dans les débuts de 1871, assister encore à des scènes de guerre bien émouvantes pour le coeur d'un pasteur. Le respect, que son attitude digne et ferme avait inspiré aux Autorités allemandes, l'aida, dans des circonstances difficiles, à rendre à plusieurs de ses paroissiens des services signalés.
Le séjour de six ans que M. Gondrexon fit à Flavigny fut le moment vraiment heureux de sa vie. Il aimait sa paroisse et sa paroisse le lui rendait; plein de force alors et d'activité, il exerçait sur les hommes, notamment, une influence marquée; ses prédications les attiraient à l'église, et son bon genre, ouvert et sans façon, mais toujours digne, lui conciliait leurs sympathies.
Nous ne savons par suite de quelles circonstances, il fut invité, vers cette époque, par l'éminent archiprêtre de Briey, M. Noël, à prêcher une station dans son église. Toujours est-il, que les prédications de M. Gondrexon y furent très appréciées. Désigné à l'attention de Mgr Foulon, il fut appelé à la cure cantonale de Saint-Nicolas-de-Port, en même temps que son ami M. Noël, de vénérée mémoire, allait prendre possession de l'Archiprêtré de Lunéville.
M. Gondrexon ne fut pas plus tôt à Saint-Nicolas qu'il se passionna pour la belle Basilique confiée à sa sollicitude ; il y avait encore tant à faire pour la consolider et lui rendre quelque chose de son ancien éclat! La restauration de son église lui tenait vivement à coeur ; il sut obtenir des pouvoirs publics des sommes très importantes qui permirent d'exécuter les travaux les plus pressants. Toute la partie latérale de droite, renfermant entre autres la chapelle de saint Nicolas, subit à l'extérieur un remaniement complet; les murs furent presque entièrement reconstruits, et tout le bas-côté, recouvert dune toiture en dalles, fut mis pour longtemps à l'abri de toute avarie.
En même temps que M. Gondrexon travaillait ainsi efficacement à la conservation d'un des plus beaux monuments de la Lorraine, il en étudiait tous les détails et il en écrivait l'histoire. Bientôt ce furent les chroniques de toute la ville de Saint-Nicolas qui captivèrent son esprit. S'il avait eu le temps, avant de mourir, de mettre en ordre et d'écrire, en dernière rédaction, les nombreux documents qu'il avait réunis, on possèderait une histoire, aussi complète que possible, de cette intéressante cité. II faut espérer que le prêtre intelligent et actif, auquel il a légué ses manuscrits, saura faire profiter le public de recherches poursuivies avec tant de zèle et de persévérance.
C'est pendant qu'il était curé à Saint-Nicolas que M. Gondrexon ressentit les premières graves atteintes du mal qui devait si rapidement l'emporter. Une affection rhumatismale le retint de longs mois dans un repos pénible. Ses forces devenaient insuffisantes pour la lourde tâche de conduire une paroisse, où les développements de l'industrie attiraient tous les jours une population ouvrière plus nombreuse. L'administration diocésaine proposa à M. Gondrexon de quitter Saint-Nicolas et de l'adjoindre à la Maison des Missionnaires diocésains qui venait d'être établie dans l'ancien couvent des Oblats. Ce n'est pas sans peine qu'un père se sépare de ses enfants. Mais quand M. Gondrexon comprit que telle était la volonté de Dieu, il se soumit en tout esprit de foi, et il entra généreusement clam la petite phalange dont les services sont déjà si appréciés par le diocèse de Nancy et même par les diocèses voisins. Toujours prêt à aller partout où il y avait du bien à faire, dans les plus humbles villages, aussi bien que dans les villes, il se mit à travailler comme un jeune prêtre qui en est à ses premières armes. Il corrigeait sans cesse ses instructions, afin de les amener à une perfection plus grande. Aussi remarquait-on le succès toujours croissant de sa parole. La solidité de sa doctrine, son ton convaincu, la chaleur de son débit impressionnaient profondément son auditoire ; tout respirait en lui l'homme d'expérience et le prêtre désireux de gagner des âmes. Telle fut l'impression qu'il produisit dans les nombreuses localités qu'il évangélisa notamment, pour ne citer que les villes, à Nancy, à Verdun, à Epinal, à Rambervillers et en dernier lieu, à Saint-Laurent de Pont-à-Mousson où il prêcha le dernier carême.
Pourquoi la Providence l'a-t-elle ainsi arrêté en pleine carrière ? Nous n'avons pas à scruter les secrets desseins de Dieu. Il faut se soumettre et prier, ce qui n'interdit ni la douleur ni les regrets.
Les funérailles de M. Gondrexon ont montré de quelle estime il était entouré, dans le monde ecclésiastique et laïque. Le service funèbre s'est fait à l'église Saint-Pierre et le corps a été inhumé dans le cimetière du Sud. Environ 120 ecclésiastiques ont suivi le convoi, parmi lesquels il convient de noter Messieurs les Vicaires généraux, le personnel des secrétaires de l'Evêché, plusieurs chanoines titulaires, Messieurs les curés de la ville, ceux de Flavigny et de Saint-Nicolas, et une foule d'ecclésiastiques, de Nancy et des environs.
Le matin même des funérailles, une messe avait été dite à Saint-Nicolas-de-Port, par M. Carrier, doyen, qui en même temps prévenait ses paroissiens qu'un service solennel serait célébré à la Basilique, le jeudi suivant. Ce service a eu lieu, en effet, en présence de nombreux fidèles. M. Vanson, vicaire général honoraire, arrivé pour prendre sa retraite à la maison des Prêtres-Auxiliaires, la veille même de la mort de M. Gondrexon, prononça, avant l'absoute, quelques paroles émues.
Un service avait été également célébré mardi dernier, à Flavigny.
Puissent les prières qui sont montées vers le Ciel, venant de tant d'âmes unies à M. Gondrexon par l'amitié ou la reconnaissance, introduire au plus tôt dans le séjour de la gloire ce bon prêtre de Jésus-Christ, ce soldat fidèle, mort sur le champ de bataille et frappé pour ainsi dire les armes à la main !
X ...


8 novembre 1890 - n° 45 - 892
NÉCROLOGIE.
M. l'abbé Boulanger.
Nous recommandons aux prières de nos lecteurs l'âme de M. l'abbé BOULANGER, Jean-Baptiste-Célestin, curé-doyen de Liverdun, décédé le jeudi 6 novembre.
M. Boulanger était né le 19 novembre 1844, ordonné prêtre le 19 décembre 1868, puis successivement professeur à l'Institution du B. P. Fourier, vicaire à Saint-Sébastien, en 1869; administrateur de Domjevin, en 1875; curé de cette paroisse en 1878, et enfin curé-doyen de Liverdun en 1884.
M. Boulanger faisait partie de l'Association de prières.


18 novembre 1890 - n° 46 - p. 906
Funérailles de M. le Curé de Liverdun.
Samedi dernier, la paroisse de Liverdun rendait les derniers devoirs à son cher pasteur: M. l'abbé Célestin Jean-Baptiste Boulanger de Blâmont.
C'était un touchant spectacle que ce long cortège de deuil, où la paroisse et un nombreux clergé, réunis dans une commune pensée, offraient un dernier hommage au prêtre, que ses vertus sacerdotales et son caractère bienveillant et sympathique, avaient fait estimer et aimer de tous ceux qui l'avaient connu.
M. l'abbé Didierjean, vicaire-général, et plus de cinquante prêtres, malgré les charges de l'Octave des Morts et les devoirs du samedi, avaient tenu à déposer, sur le cercueil du cher défunt, le témoignage de leur sympathie et de leurs regrets.
La population de Liverdun se pressait tout entière autour des restes mortels de son cher pasteur, et du sein de cette foule, il ne s'élevait qu'une voix et qu'un hommage de vénération et d'amour.
Après la levée du corps faite par M. le Curé de Saint-Sébastien, la messe solennelle fut célébrée par M. l' Archiprêtre de la Cathédrale de Toul, et l'absoute fut donnée par M. le Curé de Saint-Gengoult.
Ces prières terminées, M. l'abbé Collot curé de Saint-Mansuy de Nancy, ancien condisciple du Collège de Blâmont, remercia le nombreux clergé et la paroisse qui donnaient à leur. regretté défunt une preuve si évidente de leur affection, résuma la vie de l'abbé Boulanger et fit ressortir les enseignements d'une telle vie et d'une telle mort.
Le moment était venu pour le défunt. de quitter sa chère église, la procession descend lentement la rue de la ville, et quelques instants après, accompagnée des prières les plus ardentes la dépouille mortelle du pasteur, reposait dans sa dernière demeure.
Puissent ces témoignages d'affection et de regrets adoucir la douleur d'une mère désolée et la peine de nombreux amis qui déplorent cette mort prématurée !


22 novembre 1890 - n° 47 - p. 929
Paroisse Saint-Joseph.
(32e LISTE.)
Dons faits en faveur de l'église.
[...] Mlle Sophie Geoffroy à Nonhigny, 10 fr. - Mlle Félicie Collot, à Nonhigny, 5 fr. [...]


22 novembre 1890 - n° 47 -p. 930
NÉCROLOGIE.
M. le chanoine Cayet.
Directeur du Noviciat de la Doctrine Chrétienne.
Le vendredi 14 novembre, après deux jours seulement de maladie, est mort M. le chanoine Cayet, directeur du Noviciat de la Congrégation de la Doctrine chrétienne.
Le lundi 10, le mardi 11, et même le mercredi 12, M. Cayet s'acquittait encore de son ministère. Il confessa comme d'habitude. La nuit de mercredi ne fut pas bonne. Un mal intérieur se révéla, terrible, implacable. Le jeudi, le vénérable malade se rendit compte de l'imminence du danger: «  Je ne m'en relèverai pas de cette fois, » dit-il à son frère. Il demanda à se confesser comme pour mourir. Le vendredi matin, les progrès du mal parurent de plus en plus effrayants. A 1 heure et demie, Monseigneur vint bénir le moribond. A 3 heures, une crise faillit emporter cette pauvre vie qui s'en allait avec une si foudroyante rapidité. Cependant M. Cayet gardait une présence d'esprit sereine : il déclara même être content de mourir. Il reçut l'Extrême-Onction. Un peu après, on lui récita les prières des agonisants. Il eut la force de dire encore par deux fois, à cette occasion: «  Merci, merci ! » Il s'unissait à l'assistance, faisait de grands signes de croix et murmurait des invocations. Vers 6 heures, sans secousse, sans terreur, presque à l'insu des personnes qui entouraient son lit, les yeux fixés sur lui pourtant, agenouillées et en larmes, il rendit à Dieu sa belle âme de prêtre.
Quand, le lendemain samedi, la nouvelle circula en ville, ce fut une impression unanime d'étonnement et de regrets. M. Cayet avait plus que l'estime générale; on le tenait pour un ecclésiastique extrêmement régulier, savant et pieux.
Né au Val-de-Bon-Moutier le 22 août 1819, au sein d'une famille honnête et chrétienne, M. Joseph Cayet, qui était l'aîné de quatre enfants, fut élevé da us les sentiments d'une religion profonde. Ses parents, modestes ouvriers, n'avaient point pour lui de visées ambitieuses. Intelligent et laborieux, il fit à l'école de son village d'excellentes études primaires qu'il compléta au collège de Blâmont.
Des géomètres, en résidence au Val, remarquant ses dispositions heureuses, avaient désiré se l'attacher comme auxiliaire. Nous le trouvons. vers 1836, occupé au plan cadastral, qu'on dressait, à cette époque, dans toute la France. Très rangé, très bon, il aimait dans les communes où l'amenait son emploi, à prendre chambre chez le curé: on nous cite un endroit où les gens conservaient de lui le plus aimable souvenir, et où ils disaient, en le nommant, «  le bon petit Joseph. » Il avait alors environ dix-huit ans. Une telle conduite, en le préservant de bien des occasions périlleuses, l'acheminait vers d'autres idées. D'ailleurs, dès l'âge le plus tendre, il manifestait la joie qu'il aurait d'être prêtre. Evidemment Dieu en silence préparait, dans un coeur demeuré si pur, la vocation sacerdotale.
Doué d'aptitudes exceptionnelles, énergique, persévérant, M. Cayet, dès qu'il eut décidé sa voie, eût bientôt entrepris ses humanités. Il entra en 1837, au Petit Séminaire de Pont-à-Mousson, puis en 1842, au Grand Séminaire. La maturité de son jugement, la dignité de ses manières et je ne sais quel air respectable lui donnaient déjà l'apparence d'une sorte de vieillesse. Il fut ordonné prêtre à 27 ans. Ce fut une grande et belle cérémonie au Val, que celle de sa première messe. Son curé l'aimait beaucoup, et personne ne se souvenait qu'un enfant du village fût encore parvenu à la prêtrise, L'exemple de M. Cayet, depuis lors, a porté fruit.
Nommé professeur de sciences, au collège de la Malgrange qui, à cette date, n'avait pas pris encore tout son développement, le jeune abbé s'y distingua, au point d'acquérir une véritable réputation et de mériter qu'on lui attribuât pour une bonne part, le succès des examens. MM. les professeurs de la Faculté des sciences de Nancy, MM. les doyens Godron, Chautard et Renard en particulier, firent plus d'une fois, et publiquement, son éloge. Les élèves de M. Cayet étaient remarqués, à l'Académie, pour la précision, la solidité et l'étendue de leurs connaissances. Plusieurs, enflammés par ses leçons, se prenaient d'un bel enthousiasme pour la chimie, ou la physique, ou l'histoire naturelle, car il enseignait tout cela. Et on ne peut pas dire jusqu'à quel point il se montra toujours appliqué à l'éducation tout aussi bien qu'à l'instruction. Une certaine bienveillance, pour ne pas dire bonhomie, une sollicitude minutieuse, presque maternelle, un dévouement inaltérable lui valurent la confiance de tout le Collège. Les générations d'élèves se succédaient au pied de sa chaire, et aussi, d'innombrables pénitents à son prie-Dieu. Le «  bon père Cayet » était, pour ainsi dire, l'aumônier de la communauté. Tout sert à la gent écolière pour se mettre en train; les élèves peut-être parfois souriaient, et cette bonté proverbiale fut le point de départ ou l'excuse de plus d'un tour que les anciens se plaisent encore à raconter.
Il n'était pourtant point bachelier, celui qui réussissait à multiplier les diplômes dans ses classes. Il ne prit lui-même les grades qu'en 1864, pour obéir aux règlements académiques, lorsqu'il fut appelé à remplacer M. Noël, nommé supérieur du Grand Séminaire. Un beau matin, il s'en alla, sans prévenir personne, du côté de Dijon ou de Besançon, fut reçu d'emblée, avec mention, et revint, comme s'il n'avait fait qu'un tour de promenade.
M. Cayet n'eût pas voulu recueillir la succession de M. Noël, trouvant la charge de supérieur trop lourde pour ses épaules. M. Noël et M. Cayet étaient deux inséparables. Du même pays, de même âge à peu près, ayant, malgré de certaines dissemblances de talent et de caractère, les mêmes vues, le même esprit ecclésiastique, le même dévouement, ils se firent. l'un à l'autre, par leur amitié vraiment sacerdotale, un bien considérable. Dans les bons et dans les mauvais jours - quelle vie en est exempte? - ils se soutenaient mutuellement. Tous les ans, ils faisaient ensemble une retraite à la Chartreuse de Bosserville, et ils s'excitaient par une noble émulation à la ferveur. Ils s'étaient promis de s'avertir réciproquement, lorsque le moment viendrait soit pour l'un, soit pour l'autre,. de se préparer immédiatement à la mort. M. Cayet ne manqua pas de remplir son engagement vis-à-vis de M. Noël, alors curé-archiprêtre de Saint-Jacques de Lunéville. Et dans ces derniers temps, il sollicita et obtint pour lui-même cette marque suprême de confiance. Précisément parce qu'il s'était habitué à envisager la mort de sang-froid, presque avec douceur, il a pu dire en toute sincérité: «  Je ne crains pas la mort ! »
M. Cayet fut supérieur du Collège de la Malgrange environ trois ans. L'administration était moins le fait de M. Cayet que l'enseignement. Dans ce court espace de temps toutefois, les bâtiments du collège furent restaurés et agrandis, l'élan fut imprimé aux études, et bien dès traditions surannées disparurent. Surtout le recrutement du personnel enseignant se fit dans des conditions nouvelles qui devaient davantage lui assurer le prestige auprès des enfants, et la considération devant les familles comme devant l'Académie. Ce fut l'une des initiatives de Mgr Lavigerie dans notre diocèse.
La période brillante de la vie de M. Cayet aura été son temps de professeur. La Providence cependant lui réservait un autre champ d'activité où il déploya un zèle non moins admirable et où il rendit des services signalés.
Déjà, en 1864, Mgr Lavigerie l'avait nommé membre de la Commission qui devait chaque année faire subir un examen de fin d'études aux Novices de la Doctrine chrétienne. On jugeait par là si elles méritaient un Titre épiscopal, alors l'équivalent du Brevet de capacité. Lorsqu'en 1867, M. l'abbé Doyotte, actuellement chanoine titulaire, fut enlevé à la Maison-Mère, M. Cayet le remplaça en qualité de directeur.
Calme jusqu'à déconcerter les plus impatients, discret, prudent, mesuré dans ses appréciations, respectueux de l'autorité et de la règle, juste et impartial, distingué non seulement par son intelligence, mais par son urbanité, sa réserve, sa modestie et aussi par une parfaite obligeance, d'un jugement droit et net, essentiellement pratique, homme avant tout du devoir, homme de foi, égal à lui-même en toutes circonstances, supérieur aux contrariétés, assez bon théologien, expert bientôt dans les choses de spiritualité et de perfection, M. Cayet avait beaucoup pour faire avancer de jeunes âmes dans la paix et dans les sacrifices de la vie religieuse. On eût pu souhaiter un peu moins de lenteur dans sa manière, moins de ténacité dans de certaines idées et aussi un peu plus de largeur de vues. Esprit positif, il n'avait rien de littéraire, et son talent n'était pas de ceux qui exercent la séduction.
Mais quel bien il a fait au Noviciat, vingt trois années durant !
Le Noviciat devint sa famille. Il s'y dévoua et s'y consacra tout entier. Un but double s'offrait à lui : former dans la Novice l'institutrice et la religieuse.
En vue de la formation de l'Institutrice, quelle pédagogie solide ! quelle bonne méthode d'enseignement ! quel respect et quel amour de la discipline des classes ! que de conseils délicats où l'expérience et la sagesse dictaient la meilleure ligne de conduite ! Il étudiait attentivement lui-même les programmes, se réjouissait de l'ardeur des aspirantes, et voyait avec satisfaction les succès toujours croissants de la Maison.
En vue de la formation de la Religieuse, que de science aussi et que de charité ! Quelques âmes reconnaissantes ont pu le prendre pour le type du directeur consommé. Nous n'irons pas si loin, mais nous croyons rendre le sentiment général de la Congrégation, en affirmant que le zèle de M. le Directeur Cayet a été intelligent et infatigable. Aucune demande ne paraissait lui être à charge. On semblait même l'obliger en sollicitant de lui une explication, un renseignement, un conseil. Or, il faut être déjà soi-même bleu avancé dans la vertu pour ne pas se trouver parfois importuné par les personnes qui veulent la pratiquer.
Aux âmes timides, ou fatiguées, ou scrupuleuses, - il en est plusieurs qui passent par ces épreuves voulues de la divine Providence, - M. Cayet facilitait les voies. Il redoublait de bienveillance pour écouter les éternelles inquiétudes de ces personnes, victimes souvent sinon toujours de leur propre imagination. Sa patience à confesser demeurera légendaire. Et chose qu'on n'eût point certes soupçonnée ! on apprit de sa propre bouche que l'administration du sacrement lui était pourtant pénible.
Aux âmes vaillantes, il savait demander beaucoup et parfois dans un langage qui accusait même un fonds de rigorisme. On nous a fait la confidence d'un souvenir. A quelqu'une qui se plaignait un jour de sa sévérité, M. Cayet répondit : «  Sachez, ma fille, que ma direction n'est point à l'eau de rose. Trouvez-moi dur, si vous le voulez : d'autres qui vous valent, m'ont appelé cruel. Peu m'importe, je fais mon devoir et je dis toujours la vérité. »
Il s'efforçait de dégager l'âme d'elle-même par le renoncement à sa volonté propre. Il appréciait fort le mérite qu'il y a à souffrir. Selon lui, c'était un grand secret de vie et de bonheur; lorsqu'il trouvait une âme en voie de le posséder, son coeur de prêtre en bénissait Dieu. Il n'avait pas l'habitude «  d'aller plus vite que la grâce, » attendant le mot d'ordre de cette divine messagère. Il tenait à n'être que l'humble serviteur du Maître. Une preuve du bien qu'il faisait aux novices, c'est, avec la reconnaissance qu'elles lui conservait, la fidélité à s'adresser à lui dans les retraites annuelles.
Elles aimeront longtemps à se rappeler ses maximes préférées:
«  L'oeuvre de la sanctification est une oeuvre personnelle... Ce n'est pas le lieu ou la communauté qui sanctifie, on se sanctifie soi-même.
«  Marchons dans le recueillement et la pureté d'intention en présence de Dieu.
«  Observons le règlement, ne nous occupons que de notre devoir.
«  Aimez à n'être rien. Soyez petite, toute petite.
«  Ne perdez aucun mérite. Faites tous vos actes pour Dieu seul.
«  Préparez soigneusement vos confession et vos communions.
«  Pour devenir saint, il faut des épreuves.
«  Ne nous laissons pas dominer par les événements, dominons-les. »
Et combien d'autres !
Il disait souvent : «  Que de belles âmes dans ce cher Noviciat ! » De fait, il aimait la Congrégation, et si son humilité lui eût permis d'être fier de quelque chose, il se fût enorgueilli d'être le directeur de cette Société puissante, féconde en vocations et en oeuvres, qui compte près de trois mille membres, et qui fait tant de bien partout.
Redisons encore que sa charité était grande. Ses conversations respiraient la plus aimable bénignité. On ne se souvient pas de l'avoir entendu parler désavantageusement du prochain. Sa pensée habitait dans les sphères élevées de la foi, et les mesquineries ou misères humaines ne semblaient pas l'atteindre. Il prenait volontiers une part réellement sympathique aux peines qu'on lui confiait. Il avait le mot qui console, quelquefois celui qui amuse et qui plaît, sans déroger jamais aux convenances.
M. Cayet, qui n'en disait mot à personne, même à ses intimes, a beaucoup souffert, physiquement et moralement. Je ne parle pas seulement de cet accident, survenu dans une préparation de classe à la Malgrange et qui le priva d'un oeil, mais il rencontra dans sa santé, dans sa vie, dans sa famille elle-même, plus d'une épreuve. Il se contenait. Il s'oubliait pour adoucir autant qu'il était en lui la peine des autres. Je ne sais s'il avait rêvé de se retirer un jour - il avait déjà 71 ans - auprès de son frère et de sa belle-soeur. Il les aimait d'une affection pleine de dignité et d'édification : il partageait toutes les récréations comme aussi toutes les douleurs de leur foyer, et il les laisse navrés de la séparation.
Etrange rapprochement ! le 1er janvier 1890, en recevant les souhaits du noviciat, M. Cayet demanda instamment qu'on voulut bien prier pour lui obtenir la grâce d'une bonne mort. C'est sans le savoir et sans le vouloir qu'il a été prophète. Mais les prières, et de ferventes prières n'auront pas manqué du moins auprès de son cercueil ouvert si à l'improviste.
Les funérailles ont été simples et belles. Un très nombreux cortège, composé d'ecclésiastiques, de religieuses et d'anciens élèves, accompagnait le convoi. Toute la première division du collège de la Malgrange y assistait. M. le curé de la paroisse de Saint-Nicolas de Nancy a fait la levée du corps. M. Vanson, vicaire-général honoraire et ancien supérieur de la Malgrange, a chanté la messe; M. Voinot, archidiacre de Nancy, a présidé les obsèques. M. l'abbé Florentin, chanoine honoraire, directeur du couvent du Saint-Coeur de Marie, ancien directeur de la Malgrange, ami de M. Cayet, l'a conduit au cimetière. MM. Doyotte, chanoine titulaire, Morel, chanoine honoraire, supérieur de l'Institution de la Malgrange, Guyon, chanoine honoraire, directeur de la Congrégation de la Sainte-Enfance, et M. le Directeur de l'Ecole Saint-Léopold, tenaient les coins du poêle. Aucun discours n'a été prononcé.
M. le chanoine Cayet a été inhumé à Préville, dans le terrain concédé aux supérieurs de la Congrégation de la Doctrine.
Il était membre de l'Association de prières.
Ainsi a vécu, ainsi est mort ce bon prêtre, dont la carrière ne présente ni action d'éclat, ni fait saillant. Mais si sa vie a été, en un sens, monotone comme le serait un jour paisible, elle fut belle par le dévouement, la continuité des oeuvres, la dignité, l'unité morale, l'abnégation, l'amour de l'étude, la science et la charité. Elle reste à nos yeux «  comme un livre ouvert où tous peuvent lire aisément le devoir strictement accompli avec un grand esprit de foi. »
L'abbé DEMANGE.


20 décembre 1890 - n° 51 - p. 1007
Paroisse Saint-Joseph. (36° LISTE.)
Dons faits en faveur de l'église.
[...] Pour la Chapelle des âmes du purgatoire: [...] Mme la comtesse Edmond de Martimprey, 5 fr. [...]


27 décembre 1890 - n° 52 - p. 1026
Dons faits à l'Oeuvre. [...] M. Thouvenin, curé de Herbéviller, 2 fr. [...]
 

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